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Coronavirus en Chine: dans la province du Hubei, le virus continue de mobiliser

A la caisse d'un supermarché, un travailleur portant une tenue de protection, à Wuhan, le 12 février 2020.
A la caisse d'un supermarché, un travailleur portant une tenue de protection, à Wuhan, le 12 février 2020. China Daily via REUTERS

L'Organisation mondiale de la Santé estime qu'il y a une chance réaliste de stopper la propagation du coronavirus, rebaptisé Covid-19. Mais la menace reste grave. Le virus a déjà provoqué la mort de 1 113 personnes en Chine continentale. Au total, plus de 44 000 personnes contaminées ont été enregistrées dans le pays.

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De notre correspondant à PékinStéphane Lagarde

Contrairement au reste de la Chine, la courbe du nombre des contaminations ne fléchit pas dans la province du Hubei.

Et c’est pour tenter d’enrayer les risques de contagion que, depuis une semaine, les directives de confinement ont été renforcées à Wuhan. Une seule personne par foyer peut aller au ravitaillement, une fois tous les 3 jours seulement. Et pour certains quartiers, comme la zone de développement du parc de Chuanjiangchi, la permission de sortie n’est accordée que pendant deux heures.

Mesures de confinement renforcées

Signe probablement d’un manque de confiance dans les services de santé, un comté du Hubei promet même 1000 yuans, près de 130 euros, de récompense à ceux qui se rendent à l’hôpital avec de la fièvre. Résultat, à en croire un responsable local du parti 98,6 % des ménages à Wuhan feraient l’objet d’un suivi en quarantaine.

La Chine a décidé de renforcer ses mesures, pour faire face au virus. Par ailleurs, les pharmacies ne délivrent plus de médicament anti-douleur risquant de fausser le thermomètre. Une mesure qui est désormais également appliquée à Pékin où pour obtenir de l’aspirine ou un remède contre la toux vous devez désormais présenter une pièce d’identité.

Dans de nombreuses villes loin de l’épicentre de l’épidémie, les règles communautaires s’accompagnent d’un message de prévention parfois délivré en plusieurs langues comme ces policiers d’une province orientale chinoise demandant de rester à la maison et d’éviter les rassemblements. La vidéo de leurs tournées des résidences avec des avertissements lancés au mégaphone en mandarin, mais aussi en japonais et en anglais a fait le tour du réseau sina weibo.

Des responsables locaux sanctionnés

Face à des hôpitaux débordés le choix a été, semble-t-il, de privilégier la prévention et les personnes bien portantes plutôt que les malades. Sur les réseaux sociaux, les vidéos dénonçant le manque d’accès aux hôpitaux font l’objet d’un intense nettoyage de la part de la censure. Et pour tenter de calmer le mécontentement, des sanctions sont prises contre les responsables locaux. Dernier exemple en date, la mise à pied du chef de la Commission de santé de la ville de Nanning dans la province du Guangxi pour diffusion de messages d’information sur le virus erronés.

Ces mesures interviennent alors que 160 millions de Chinois sont sur la route du retour des vacances prolongées dans certaines zones jusqu’au 18 février. Télétravail, enseignement à distance pour les élèves, toutes ces mesures ont contribué à vider les centres commerciaux, les petits magasins, les marchés, les hôtels, les lieux de divertissement, menaçant les emplois et la survie de nombreuses petites entreprises.

Le gouvernement central est désormais partagé entre deux maux : la propagation de l’épidémie et une économie à l’arrêt. Les efforts pour arrêter le Covid-19 risquent de nuire à l’économie, a averti le président chinois.

À l’exception de la province du Hubei, les transports en commun ont repris dans la plupart des mégalopoles et les autorités invitent à une reprise progressive de l’activité avec le risque de contagion que cela entraîne.

À Hong Kong, une pénurie de masques

À Hong Kong où les frontières sont quasiment fermées avec la Chine depuis la mise en place d’une quarantaine samedi, le nombre de personnes contaminées par le virus est actuellement de 49. Un patient, qui souffrait par ailleurs d’autres maladies, est décédé il y a une semaine.

Mais c’est la pénurie de masques et de mesures de protection sanitaires, non seulement pour la population mais même pour les personnels médicaux qui inquiète le plus la population. Aujourd’hui, quelques milliers manifestants se sont réunis à l’initiative d’un mouvement de seniors, le Silver Hair group ou « groupe des cheveux blancs », dans le centre de l’île pour réclamer des explications au gouvernement sur la pénurie de masques.

File d’attente de 4 kilomètres

« Aujourd’hui, c’est en fonction du nombre de masques et de rouleaux de papier toilette que vous avez en stock que votre richesse est évaluée. » C'est la dernière plaisanterie des Hongkongais face à la pénurie continue de masques, rapporte encore notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy.

Une semaine après une queue record, de quatre kilomètres de long à laquelle 10 000 personnes s’étaient jointes avec l’espoir d’acheter des masques, la situation ne s’est pas franchement améliorée.

Des masques achetés au Japon

Chacun se débrouille comme il peut, comme l’explique Lensey, qui vend des abonnements de téléphone dans le quartier populaire d’Aberdeen. « Je demande à mon frère de m’en acheter au Japon. Ma cousine, elle sort de chez elle à 7 heures et attend devant le Manning et vers 8 h 30, ils vous disent si vous pouvez en acheter ou pas. Mais aucune garantie, c’est une chance sur deux. Quelqu’un de ma famille travaille à l’hôpital mais ils doivent faire attention à leur consommation. Et ça c’est franchement horrible surtout pour ceux qui travaillent dans les hôpitaux. »

Gordon, fleuriste, a lui trouvé une solution pour les faire durer plus longtemps. « J’ai un ami qui m’en a rapporté de Thaïlande, j’en consomme un tous les deux jours en mettant un mouchoir en papier à l’intérieur, nous explique t-il. Parce que je suis obligé de beaucoup parler donc il faut que j’économise mes masques. »

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Le coronavirus en 7 points RFI

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