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Turquie: l'écrivaine Asli Erdogan acquittée dans un procès pour terrorisme

Asli Erdogan, l'écrivaine défenseuse des droits des humains en Allemagne, le 22 septembre 2017.
Asli Erdogan, l'écrivaine défenseuse des droits des humains en Allemagne, le 22 septembre 2017. AFP/dpa/Mohssen Assanimoghaddam

Un tribunal d’Istanbul a prononcé ce vendredi 14 février l'abandon des charges contre l’écrivaine turque Asli Erdogan. La romancière, engagée dans la défense des droits de l’homme et notamment de la cause kurde, était poursuivie pour ses textes dans le journal pro-kurde Özgür Gündem. Elle avait passé quatre mois derrière les barreaux en 2016. 

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Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Ce verdict, la concernant, comporte deux parties. La romancière est acquittée des charges « d’appartenance à une organisation terroriste » et « d’atteinte à l’unité et à l’intégrité de l’État ». Elle bénéficie par ailleurs d’un abandon des charges pour l’accusation de « propagande pour une organisation terroriste ».

Résidant désormais en Allemagne où elle soigne une maladie attribuée, en partie, à ses conditions de détention entre août et décembre 2016. Asli Erdogan n’était pas présente à l’audience. Son avocat a lu sa défense, un texte de trois pages dans lequel la romancière est revenue brièvement sur sa détention préventive de quatre mois. Un enfermement qui, écrit-elle, lui « a coûté sa santé ».

L’acquittement est un soulagement, même si d’autres journalistes et défenseurs des droits de l’homme restent poursuivis pour avoir collaboré, avant son interdiction, avec le journal pro-kurde Özgür Gündem. « Évidemment, ce genre de décision nous réjouit. Mais quand vous regardez plus largement, nous restons malheureusement face à une catastrophe judiciaire. Il y a encore beaucoup d’autres procès comme celui-ci, ouverts de manière injustifiée, déplore Erdal Dogan, l'avocat d'Asli Erdogan. Beaucoup de journalistes, et notamment de journalistes emprisonnés. Nous espérons l’acquittement des autres collaborateurs du journal Özgür Gündem, qui sont eux aussi poursuivis dans ce procès de la presse et de la liberté d’expression. »

L’écrivaine a surtout détaillé les raisons qui l’ont poussée à collaborer avec le journal pro-kurde Özgür Gündem, interdit en août 2016, et notamment à rédiger les quatre articles que lui reprochait la justice. Asli Erdogan a rappelé les violences commises par les forces de sécurité contre les civils lors des opérations de 2015 et 2016 dans le sud-est à majorité kurde.

Deux de ses co-accusés, dont la célèbre linguiste Necmiye Alpay, ont aussi été acquittés. « Je me ses presque coupable moi-même, dans le sens où ma situation est exactement la même que celle des autres personnes jugées dans ce procès. Au final, il s’agit d’un journal, de la presse, de la liberté de la presse, et le tribunal aurait dû en décider ainsi pour tout le monde. Mais cela n’a pas été le cas. »

Le procès se poursuit en effet pour six autres accusés, dont la célèbre défenseuse des droits de l’homme Eren Keskin.

À lire aussi : Rencontre avec Asli Erdogan, lauréate du prix Simone de Beauvoir 2018

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