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Kazakhstan: vague d'arrestations en lien avec des manifestations interdites

Photo prise à Almaty le 20 février 2020. Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées au Kazakhstan en lien avec des manifestations interdites dans la capitale Almaty et dans d'autres villes du pays.
Photo prise à Almaty le 20 février 2020. Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées au Kazakhstan en lien avec des manifestations interdites dans la capitale Almaty et dans d'autres villes du pays. REUTERS/Pavel Mikheyev

Deux groupes d'opposition ont appelé ce samedi 22 février à manifester dans plusieurs villes du Kazakhstan. Mais les rassemblements ont été interdits et plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées dans tout le pays. Environ 200, selon un dernier bilan des organisations de la société civile.

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Cette vague d'arrestations a été confirmée à RFI par un militant des droits de l'homme. « Nous avons identifié au moins 80 cas de victimes de différentes formes de répression. Il n'y a pas eu que des détentions, certaines personnes ont été jugées, d'autres ont été convoquées par la police ou ont été sommées de rester à leur domicile. 64 personnes ont également été arrêtées depuis le 6 février, avant même la tenue de ces manifestations. Autrement dit, on décompte plus de 100 détentions dans les deux plus grandes villes du pays, et plusieurs dizaines d'autres arrestations ont eu lieu dans les villes de province, et nous tenons ces informations directement des personnes interpellées », a affirmé Daniyar  Khassenov au micro de Jelena Tomic.

Qui sont les partis d'opposition qui ont appelé à manifester ?

« Le Parti démocratique a appelé il y a trois jours à manifester à Almaty, la capitale, notamment pour protester contre la répression de ses sympathisants. Ils sont quelques dizaines de milliers. D'un autre côté, il y a le Choix démocratique du Kazakhstan. Ce parti a été interdit par un tribunal en 2018, car considéré comme une organisation "extrémiste", mais en 2019 il a été reconnu par le Parlement européen comme un mouvement d'opposition pacifique », explique Daniyar Khassenov, militant des droits de l'homme.

« Ce parti représente une réelle menace pour le pouvoir. Il appelle à manifester contre la répression politique, pour une augmentation des indemnités et des salaires, un système de santé et une éducation gratuite, des revendications surtout d'ordre social. Mais ils ont aussi des revendications politiques, comme la libération des prisonniers politiques ou l'arrêt de la répression au Xinjiang », ajoute-t-il.

Nazarbaïeva bâti un système « profondément autoritaire »

« La population kazakhe est aujourd'hui plus courageuse pour sortir dans la rue et protester même s'il y a beaucoup de répression et d'arrestations. Nous estimons que la communauté internationale devrait faire pression sur le gouvernement au Kazakhstan, pour autoriser les rassemblements et garantir les autres droits des citoyens et non pas les réprimer », souligne ce militant des droits de l'homme.

« Il faut savoir que Kassym Jomart Tokaïev n'a aucun pouvoir dans le pays, car c'est Nazarbaïev qui dirige le Conseil de sécurité qui contrôle lui-même le pays. Nazarbaïev est donc toujours au pouvoir, il continue d'appliquer sa politique et ça fait 30 ans que ça dure. Et même lorsqu'il disparaîtra, rien ne changera au Kazakhstan, car il a bâti un système profondément autoritaire. La population voudrait aujourd'hui changer cela, vivre dans une République parlementaire et avoir ses représentants au Parlement », ajoute-t-il.

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