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Afghanistan: Ghani et Abdullah se déclarent tous les deux présidents

Le président afghan Ashraf Ghani (C), le premier vice-président Amrullah Saleh (L) et le deuxième vice-président Sarwar Danish (R), lors de leur cérémonie d'investiture, à Kaboul, le 9 mars 2020.
Le président afghan Ashraf Ghani (C), le premier vice-président Amrullah Saleh (L) et le deuxième vice-président Sarwar Danish (R), lors de leur cérémonie d'investiture, à Kaboul, le 9 mars 2020. REUTERS/Mohammad Ismail

En Afghanistan, le chef de l'État sortant Ashraf Ghani, déclaré vainqueur de la présidentielle, et son principal adversaire Abdullah Abdullah se sont tous les deux déclarés présidents, ce lundi. Les cérémonies d'investiture distinctes ont été perturbées par des tirs de roquettes, signe de l'insécurité persistante dans le pays.

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Avec notre correspondante,

La cérémonie d’investiture a eu lieu au palais présidentiel de Kaboul, en Afghanistan, ce lundi 9 mars. Le chef de l'État sortant, déclaré vainqueur de la présidentielle, Ashraf Ghani, était à la tribune, en plein discours quand des explosions ont retenti. Des roquettes venaient d'être lancées en direction du palais. L’une d'entre elles a atterri dans l’enceinte sans faire de blessés.

Ashraf Ghani n'a pas sourcillé. Il a écarté les pans de sa veste : « Je n'ai pas de gilet pare-balles, juste ma chemise, a-t-il déclaré. Je resterai même si je dois me sacrifier ». Ses militants ont répondu par une salve d’applaudissements. Le président sortant réélu selon la Commission électorale indépendante (Céni) a annoncé la formation d’une équipe inclusive.

L'ancien chef de l'exécutif Abdullah Abdullah, lors de sa cérémonie d'investiture en tant que président de l'Afghanistan, à Kaboul, le 9 mars 2020
L'ancien chef de l'exécutif Abdullah Abdullah, lors de sa cérémonie d'investiture en tant que président de l'Afghanistan, à Kaboul, le 9 mars 2020 REUTERS/Omar Sobhani

La paix s'éloigne

À quelques mètres de là, dans son palais, Abdullah Abdullah, le chef de l’exécutif, avait organisé sa propre cérémonie d’investiture. Le scénario rappelle les pires moments du scrutin de 2014, que les deux mêmes protagonistes affirmaient également avoir remporté. La crise constitutionnelle avait alors duré trois mois et n'avait été résolue que grâce à une médiation des États-Unis.

Cette crise politique met plus que jamais à mal la position des autorités afghanes qui doivent prochainement négocier la paix avec les talibans, comme le prévoit l’accord de Doha, signé le 29 février dernier. La division au sein de l'exécutif ne peut que renforcer les positions des insurgés « Rien n'est plus important pour ces esclaves que leurs intérêts personnels », a ironisé le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid.

Des discussions de dernière minute visant à trouver un compromis ont duré jusqu'à tard dans la nuit du 8 au 9 mars mais n'ont pas abouti. Les négociations interafghanes devraient être retardées. Ashraf Ghani refuse d'honorer l'un des principaux points de ce texte, non ratifié par son gouvernement : la libération de jusqu'à 5 000 prisonniers talibans en échange de celle de jusqu'à 1 000 membres des forces afghanes.

Pendant ce temps, les combats ont repris de plus belle dans les campagnes depuis que les insurgés ont mis fin le 2 mars à une trêve partielle de neuf jours et repris leur offensive contre les forces de sécurité afghanes, tuant des dizaines de personnes en une semaine. La capitale n'a pas été épargnée, avec une attaque revendiquée par le groupe État islamique (EI) qui a fait 32 morts et des dizaines de blessés vendredi 6 mars.

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