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Coronavirus: en Chine, les «non retournés» du Hubei réclament des compensations

Guéris du coronavirus Covid-19, des patients quittent un des hôpitaux de campagne à Wuhan, le 9 mars 2020.
Guéris du coronavirus Covid-19, des patients quittent un des hôpitaux de campagne à Wuhan, le 9 mars 2020. STR / AFP

Dans le berceau de la pandémie de coronavirus, l’activité reprend doucement. Les mesures de restrictions ont été partiellement levées dans la province du Hubei, suite à la venue du président chinois ce mardi 10 mars dans l’épicentre de l’épidémie en Chine.

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de notre correspondant à Pékin,

Symbole de la victoire sur le coronavirus, la première visite du président chinois à Wuhan a sonné la reprise. en tout cas, le message a été perçu comme tel par une majorité de Chinois. En témoignent ces images de travailleurs migrants se bousculant aux péages de la capitale. Et il n’y a pas qu’à Pékin que la marmite est sur le point d’exploser. Voilà plus de six semaines que des ouvriers, des commerçants, des employés des restaurants et des services n’ont rien gagné en Chine.

« L’épidémie a un énorme impact sur les affaires, souligne Liu Tongqin, patron d’un magasin pour les chantiers sur le marché du bâtiment de Yiwu dans la province du Zhejiang. Nous avons arrêté nos investissements et nous tentons de nous adapter aux circonstances. Pour ce qui est d’un soutien du gouvernement, le pays est confronté à un tel défi que je ne m’attends pas à recevoir de l’aide. »

Manifestation des marchands de Zhongshan en Chine

Manifestation sur le marché de gros du papier à Zhenzhen

Manifestations pour des réductions de loyer

Recevoir une aide, c’est bien ce que demande ces commerçants et leurs employés qui ont osé manifester autour du marché de gros du papier à Shenzhen ces derniers jours. Colère aussi des marchands de Zhongshan et de plusieurs autres villes de Chine derrière le slogan : « Annulez le loyer en février, sinon pas de loyer en mars ! »

À 30 ans, Zhu Menghua est directeur d’une entreprise de design intérieur à Dongguan. Quatre magasins vendent ses meubles, dont l’un est situé dans un centre commercial. « Le centre commercial nous a fait cadeau d’un mois de loyer. Mais la crise dure depuis des semaines et cette réduction de loyer est loin d’être suffisante pour nous aider à la traverser. Nous n’avons vendu aucun meuble depuis le début de l’épidémie. »

Écrivain coincé un mois dans un hôtel

Comment relancer la machine lorsqu'un milliard de Chinois sont restés un mois confinés à la maison ou dans un hôtel ? À l'instar de l’écrivain Han Dong qui lui aussi n’a jamais pu rentrer de ses vacances du Nouvel an lunaire. Il a été contraint de débourser 400 yuans par jours (plus de 50 euros) pour sa quarantaine forcée dans la province du Hubei. Une situation vécue par de nombreux artistes et profession libérale, explique la traductrice Isolda Morillo, ancienne journaliste de l'agence Associated Press et aujourd'hui basée en Chine.

« Il a été forcé de rester dans son hôtel et maintenant, il n'a plus rien, souligne-t-elle. Il ne peut pas travailler, il n'a que son téléphone. Parce qu'en fait, il n'était pas parti pour travailler mais pour voir sa belle-famille. Mes amis cinéastes ont raté tous les festivals : le festival de Berlin, le Cinéma du réel à Paris. Il y a plein de cas similaires. »

L'écrivain chinois Han Dong confiné depuis plus de 40 jours dans sa chambre d'hôtel dans le Hubei

Les « non retournés du Hubei »

Face aux réclamations, les compensations commencent à être distribuées. Certains gouvernements locaux ont payé les frais de transport des travailleurs vers les usines. Le bureau des ressources et de la Sécurité sociale ainsi que le bureau des finances de la mairie de Pékin viennent de publier un communiqué intitulé : « Mesures visant à stabiliser les relations de travail des non retournés du Hubei. »

A partir de ce mois de mars, tous ceux qui ne sont pas en mesure de télétravailler percevront une indemnité de leur employeur de 3 080 yuans (environ 390 euros) par mois.

À écouter : À la Une : face au coronavirus, faut-il suivre l’exemple chinois ?

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