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Coronavirus: l’inquiétude grandit en Birmanie malgré l’absence de cas officiels

Des personnes paniquées achètent des provisions dans un supermarché, après avoir entendu des rumeurs concernant le nouveau coronavirus Covid-19, à Rangoun, le 12 mars 2020.
Des personnes paniquées achètent des provisions dans un supermarché, après avoir entendu des rumeurs concernant le nouveau coronavirus Covid-19, à Rangoun, le 12 mars 2020. Ye Aung THU / AFP

Les autorités birmanes assurent qu’il n’y a toujours aucun cas de coronavirus dans le pays, alors que celui-ci se situe dans une région touchée par la pandémie et qu’il partage 2000 km de frontières avec la Chine. 

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De notre correspondante à Rangoun,

Selon le ministère de la Santé, tous les tests sont revenus négatifs pour l’instant… même si quatre personnes sont mortes alors qu’elles étaient en quarantaine. Mais les tests sont en fait très peu nombreux : seulement 150 personnes ont été testées à ce jour, sur 53 millions d’habitants. Beaucoup moins que la Corée du Sud, par exemple, qui en a testé plus de 220 000.

Les informations restent difficiles à obtenir en Birmanie sur le protocole de dépistage mis en place, et les personnes qui ont une pneumonie atypique sévère ne sont testées que si elles reviennent d’une zone à risque. Jusqu’au mois dernier, la Birmanie n’avait d’ailleurs pas les capacités techniques de tester le virus et devait envoyer les échantillons à Bangkok.

Dans le pays, beaucoup de faux conseils et rumeurs circulent aussi sur les réseaux sociaux. Le porte-parole du gouvernement en personne a déclaré récemment que si la Birmanie n’avait pas de cas, c’était grâce à la culture birmane : les Birmans, a-t-il expliqué, utilisent pour payer des billets et non des cartes de crédit, ce qui est moins risqué en termes de contamination.

Manque de médecins et accès limité aux hôpitaux

L’autre inquiétude grandissante concerne la capacité de la Birmanie à répondre à cette épidémie : les structures de santé y sont mauvaises. Manque de médecins qualifiés, notamment pour les services de réanimation, accès limité aux hôpitaux notamment dans les zones isolées, manque d’équipements, entre autres.

Si le budget pour la santé a augmenté depuis le départ de la junte militaire du pouvoir en 2011, il ne représente qu’environ 5% des dépenses annuelles. Conséquence : les appareils de ventilation pour traiter des problèmes respiratoires sont rares, par exemple, pareil pour les lits en réanimation. Et dans la culture birmane, se rendre à l'hôpital pour se faire soigner n’est pas du tout un réflexe. Dans le pays, la pauvreté est importante et la médecine traditionnelle reste très présente.

L’économie birmane en pâtit d’ores et déjà

Les conséquences économiques se font déjà sentir, notamment dans le secteur du tourisme, puisque la Birmanie a par exemple interdit l’entrée aux touristes chinois. Leur nombre était jusqu’ici en pleine croissance, il a même doublé entre 2018 et 2019. Le ministère du Tourisme a prévenu que les arrivées totales de touristes pourraient chuter de moitié cette année.

Autre secteur touché, celui de l’agriculture. La Birmanie exporte à la frontière terrestre beaucoup de melons d’eau. Mais avec les restrictions aux frontières, les pertes économiques ont été énormes et se chiffrent à 70 millions de dollars entre fin janvier et début mars. Le secteur du textile est également touché, les matières premières venant principalement de Chine, et des usines ont déjà dû fermer leurs portes.

Dans un discours lundi 16 mars, la dirigeante Aung San Suu Kyi a donc promis des aides aux secteurs touchés, notamment en repoussant jusqu’à septembre la taxe de 2% sur les produits exportés. Et malgré son discours officiel, le gouvernement a durci ses mesures ces derniers jours, demandant la fermeture de plusieurs lieux publics.

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