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Le coronavirus va-t-il modifier les habitudes alimentaires en Chine?

Un restaurant à Shanghai, en Chine (image d'illustration).
Un restaurant à Shanghai, en Chine (image d'illustration). RFI / Igor Gauquelin

Comme d'autres pays en Asie, la Chine est réputée pour la convivialité des repas. On partage les mêmes plats au centre de la table. Le problème c'est qu'on risque aussi de partager les microbes, les bactéries et autres virus qui se promènent au bout des baguettes. Et donc, c'est tout ce qu'il y a de plus sérieux, les autorités promeuvent une révolution dans les bols et les assiettes...

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Avec notre correspondant régional,

Ne pas briser des traditions culinaires millénaires, tout en se protégeant d'un retour du coronavirus, c'est tout le dilemme pour les autorités sanitaires dans un en pays où le chi fan - le repas - est sacré. Non seulement en raison de la richesse de la cuisine chinoise, mais aussi parce qu'il s'agit d'un moment de partage, ici avec les collègues, les amis, la famille...

Attention à la transmission par la salive

À la sortie de longues semaines de confinement, les claviers s'en sont presque « léché » les babines... On a vu une ribambelle de plats défiler sur les réseaux sociaux : le canard laqué pékinois, les soupes de wonton à Canton, ou encore les hu guo, les célèbres pot-au-feu du sud-ouest du pays. Or, les experts sont formels : la transmission des virus se fait notamment par la salive.

Donc, outre l'espacement des convives à plus d'un mètre, l'une des solutions en matière de prévention des infections, ce serait donc un changement de baguettes... C'est ce qu'ont découvert les Sichuanais qui se sont précipités dans les restaurants de pot-au-feu à la fin de l'épidémie. Surprise ! Comme sur les tables les plus chics, certains établissements - même les plus modestes - proposent désormais deux sortes de baguettes : celles avec lesquelles on mange et celles avec lesquelles on se sert.

Éviter la pneumonie virale au fond de la marmite

Dans le même esprit pour éviter la pneumonie virale au fond de la marmite, une « convention d'action sur les baguettes publiques » vient d'être publiée par les autorités de Pékin. Certains médias d'État évoquent ainsi une véritable « révolution de la table », ou encore le début d'une « conscience gastronomique saine et civilisée » chez les clients selon l'Association chinoise de l’hôtellerie.

Mais les habitudes ont la vie dure, le sujet est à prendre avec des baguettes si l'on se réfère aux commentaires sous les messages de prévention diffusés par les médias officiels. À en croire certains commentateurs, le « chacun son assiette » serait presque un crime de lèse patriotisme, une atteinte à la convivialité qui fait, depuis des millénaires, la joie des repas en Chine. D'autres évoquent une contrainte à la fois pour les clients, mais aussi pour les petits restaurateurs. Car les « baguettes publiques » évidemment, ce ne sont pas des baguettes magiques : on sait que le coronavirus se transmet aussi par le contact... Il faut donc une double paire de baguettes par personne.

Vraie prise de conscience

Mais on a, dans le même temps, une vraie prise de conscience en matière de santé. Cela vaut aussi d'ailleurs pour la Corée, où, comme en Chine, les plats sont partagés. Avec des questions par exemple sur la manière dont les voisins japonais ont contenu l'épidémie. Dans les restaurants au Japon - en dehors des buffets - on mange généralement chacun de son côté, c'est peut-être ce qui a freiné la propagation du virus.

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