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Effroi à Hong Kong après l'annonce de Pékin d'imposer une loi sur la sécurité nationale

Des militants protestent contre les nouvelles lois sur la sécurité, à Hong Kong, Chine, le 22 mai 2020.
Des militants protestent contre les nouvelles lois sur la sécurité, à Hong Kong, Chine, le 22 mai 2020. REUTERS/Tyrone Siu

Lassé de réclamer l’adoption de lois de sécurité nationale selon les procédures locales, Pékin a annoncé son intention de parachuter dans la Constitution de Hong Kong des lois sur mesures vouées à éteindre toute protestation. Alors que le choc et l’effroi ont gagné les rangs pro-démocratiques dans le territoire, les États-Unis mettent en garde Pékin contre toute tentative de nuire à l’autonomie de l’ancienne colonie britannique. 

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Les réactions à Hong Kong, suite à l’annonce que Pékin allait imposer de manière unilatérale des lois de sécurité nationale, ont d’abord été le choc, quasiment de l’effroi. Les gens n’en ont pas cru leurs oreilles, certains parlent de la « mort de Hong Kong », rapporte notre correspondante dans le territoire, Florence de Changy.

La loi en question vise à interdire « la trahison, la sécession, la sédition et la subversion » et a été présentée à Pékin lors de la réunion de l’assemblée nationale du peuple. Le texte a aussitôt été dénoncé par les militants pro-démocratie de Hong Kong.

Vendredi 23 mai au matin, les députés de l’opposition pro-démocratie ont à nouveau perturbé la séance du Comité de la chambre en brandissant des affiches qui disaient « Hongkongais, révoltez-vous ! Hong Kong va devenir le Xinjiang », une allusion à la province où le gouvernement central a mis sous surveillance et en rééducation des centaines de milliers de musulmans.

Distanciation sociale utilisée pour empêcher les manifestations

Il y a aussi eu des appels à manifester. Mais la police utilise les lois de distanciation sociale pour pénaliser les citoyens qui manifestent, même en respectant la limite de huit personnes par groupe.

La grande question évidemment, c’est de voir comment les Hongkongais dans leur ensemble vont-ils choisir de réagir : en se résignant et en acceptant ce coup de force qui risque de vite les priver de la plupart des libertés auxquelles ils tiennent viscéralement, vendre leur âme en somme ? Ou au contraire vont-ils se révolter à nouveau, au risque d’une nouvelle escalade de violences dans les mois à venir ?

Dans le quartier populaire de Mongkok, où s'est rendue RFI, c'est en tout cas l'inquiétude qui domine. 

Je pense que la loi de sécurité nationale va anéantir nos valeurs et notre génération...

Reportage dans le quartier très animé de Mongkok

Les États-Unis promettent de réagir « avec fermeté » et promettent des sanctions

Du côté de Washington, la réaction a été claire. « La loi que la Chine veut imposer pour contourner le processus législatif de Hong Kong serait un coup fatal au degré élevé d’autonomie promis par Pékin », a fait savoir le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, dans un communiqué. Il y invite la Chine à reconsidérer une proposition qu’il qualifie de « désastreuse », rapporte notre correspondante à Washington, Anne Corpet.

Le président a été moins disert : « Si ce texte est appliqué, nous réagirons avec fermeté », a simplement déclaré Donald Trump.

Le président américain n’a pourtant jamais manifesté de préoccupation particulière pour la situation des droits de l’homme. Il était notamment resté longtemps silencieux devant la répressiondes manifestations pro-démocratie à Hong Kong durant l’été et l'automne 2019. Et même s’il accuse la Chine d’être responsable d’une pandémie incontrôlable, il prend soin de ménager son homologue chinois, Xi Jinping, qu’il qualifie régulièrement d’ami.

Le Congrès américain en revanche est sensible à la question des droits humains. Dès jeudi 21 mai, des sénateurs démocrates et républicains ont menacé de faire voter des sanctions contre Pékin si le texte sur la sécurité nationale était appliqué.

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