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Pékin accusé de stériliser de force des Ouïghours, l'UE demande une mission d'observation

Femme dans une rue d'Aksu, une ville de la région du Xinjiang, 11 septembre 2019.
Femme dans une rue d'Aksu, une ville de la région du Xinjiang, 11 septembre 2019. REUTERS

Des femmes ouïghoures stérilisées de force, contraintes d’avorter ou de payer des amendes exorbitantes si elles ont trop d’enfants, sous peine d’être envoyées dans des camps : c’est ce qu’affirme l’auteur d’une étude publiée lundi 29 juin. Le chercheur Adrian Zenz accuse la Chine de mener une vaste campagne systématique de contrôle des naissances dans le Xinjiang, dans le cadre d’une stratégie de domination éthno-raciale.

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Déjà accusée par des organisations de défense des droits de l’homme d’avoir interné au moins un million d'Ouïghours dans des camps dits de « rééducation », la Chine est désormais soupçonnée de vouloir drastiquement réduire le nombre de naissances de cette minorité musulmane.

Adrian Zenz, chercheur à la Jamestown Foundation, a épluché une masse de documents officiels chinois en accès libre qui sont pour lui la preuve irréfutable d’une stratégie politique : « Nos dernières recherches révèlent un régime draconien de limitation des naissances qui se manifeste par une chute drastique du taux de natalité et de croissance démographique naturelle dans cette région. Et ce qui est peut-être le plus choquant, c’est la stérilisation de masse en 2019 dans au moins deux départements. Entre 14 et 44% des femmes en âge de procréer ont été stérilisées. Celles qui contreviennent aux règles sont sévèrement punies par des amendes ou des internements. L’objectif fixé dans le Xinjiang est de contraindre jusqu’à 80% des femmes ouïghoures à poser un stérilet ou de se faire stériliser. »

► Lire le rapport de la Jamestown Foundation

Une mission d'observateurs demandée par Bruxelles

En écho à ces révélations, l'Union européenne a demandé ce mardi à Pékin d'autoriser l'accès de la région du Xinjiang à des observateurs indépendants.

« Si elles sont avérées, des pratiques aussi effroyables constitueraient de graves violations des droits de l'Homme », a déclaré Virginie Battu-Henriksson, porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, lors d'un point presse à Bruxelles. « Elles doivent cesser immédiatement et les responsables doivent être tenus pour responsables. »

« Nous réitérons notre demande à la Chine de permettre un accès et un environnement propice pour des visites d'observateurs indépendants en vue d'une évaluation indépendante, objective, impartiale et transparente de ces questions qui sont une source de préoccupation majeure, a ajouté Virginie Battu-Henriksson. 

« Les stérilisations massives constituent un génocide selon une série de textes. Mais pour l'instant il s'agit d'un rapport et cela reste à confirmer », a-t-elle conclu, en écho à la demande du chercheur Adrian Zenz, qui souhaite l’ouverture d’une enquête pour déterminer si la politique et les actions de Pékin dans le Xinjiang constituent une forme de génocide, selon les termes de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.

Critiques américaines

Les Ouïghours, principalement musulmans et parlant pour la plupart une langue apparentée au turc, constituent l'un des 56 groupes ethniques du pays. 

Lundi, après la publication du rapport, les États-Unis avaient appelé la Chine à « cesser immédiatement » de stériliser de force les musulmans ouïghours « dans le cadre de leur campagne de répression ».

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