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Hong Kong

[Reportage] Hong Kong: affrontements sur le campus de l'université polytechnique

Des étudiants sont évacués de l'université polytechnique de Hong Kong par la police, le 18 novembre.
Des étudiants sont évacués de l'université polytechnique de Hong Kong par la police, le 18 novembre. REUTERS/Thomas Peter

La situation est extrêmement tendue aux abords de l'université polytechnique de Hong Kong. La bataille engagée dimanche matin entre policiers et étudiants enfermés dans la faculté dans s’est poursuivie toute la nuit. La violence est montée d'un cran. Chacune des parties essaie de faire craquer l’autre.

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De notre envoyé spécial à Hong Kong, Stéphane Lagarde

Tous les moyens sont bons pour faire craquer les retranchés. Après les canons à eau et les gaz lacrymogènes, la police a sorti les décibels cette nuit devant l’université polytechnique de Hong Kong. « Ce n’est qu’un au revoir » à la cornemuse et les tubes préférés des forces de l’ordre sont diffusés à fond les hauts parleurs. En face, les protestataires frappent sur des tôles, à la façon des forces anti-émeute cognant sur leur bouclier. Certains ont aussi fui ce lundi. Une guerre psychologique qui commence par un étalage du matériel.

Pour la première fois ce dimanche 17 novembre, la police a employé un véhicule équipé d’un dispositif acoustique longue portée. Côté étudiants, des catapultes artisanales, des arcs et des flèches qui ont blessé un agent au mollet, et à l’intérieur : un « atelier de magie » ! « Là, ils fabriquent des cocktais Molotov pour repousser la police. Là, des clous dans des bigoudis. C'est pour les mettre sur la route, faire crever les pneus et bloquer la circulation. »

Des clous dans des bigoudis. David contre Goliath : face à l’armada policière, les étudiants lance un appel à la mobilisation générale sur les groupes Telegram. Il est plus de minuit, les riverains sont de sortis : « Les gens qui habitent le quartier sont sortis de chez eux pour bloquer les routes ou essayer de détourner l’attention des policiers ». Poubelles renversées, voitures garées au milieu de la chaussée, des insultes aux policiers pour les déstabiliser, ou simplement - du bruit encore - le déclenchement d’alarmes incendies. Tout pour renforcer finalement une tension déjà à son comble après 24 semaines de manifestations, avec des risques de dérapage à tout moment.

La police a prévenu les protestataires : elle n’hésitera pas à tirer à balles réelles si elle est confrontée à des manifestants disposants d’armes létales. La direction de l’université ayant contacté les forces de l’ordre samedi 16 novembre pour leur signaler le vol de produits dangerereux dans un laboratoire de l’université.

Dans le même temps, on apprend que l'interdiction du port du masque décidée le mois dernier par l'exécutif hongkongais a été jugée lundi anticonstitutionnelle par la Haute Cour de Hong Kong : « Les restrictions qu'elle impose aux droits fondamentaux [...] vont au-delà de ce qui est raisonnablement nécessaire », a estimé la haute juridiction.


Un sit-in de parents devant l’université

Un parent d'étudiant tient une pancarte sur laquelle on peut lire: «Sauvez nos enfants».
Un parent d'étudiant tient une pancarte sur laquelle on peut lire: «Sauvez nos enfants». RFI/Stéphane Lagarde

On ignore pour le moment combien de protestataires sont toujours présents sur place à l'intérieur de l'université. On sait en revanche qu'une partie des parents des étudiants se sont rassemblés non loin de l’établissement cerné par la police. Reportage.

Mon fils est à l’intérieur. Il était juste venu apporter des matériels et faire la cuisine pour aider les étudiants. Et soudain la police a encerclé le campus. Toutes les issues sont fermées. Ils sont prisonniers à l’intérieur.

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