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EXPOSITION

« Voir l'Italie et mourir »

Rome, clair de lune sur le Forum, vers 1865, Gioacchino Altobelli.
Rome, clair de lune sur le Forum, vers 1865, Gioacchino Altobelli. Patrice Schmidt

Le musée d’Orsay à Paris célèbre l’Italie. Deux expositions lui sont consacrées, toutes deux explorant la fascination exercée par ce pays au XIXe siècle. La première s’intitule Italiennes modèles : Hébert et les paysans du Latium et la seconde, Voir l’Italie et mourir. Photographie et peinture dans l’Italie du XIXe siècle. Cette dernière revisitant le mythe du Grand Tour qui fit de la péninsule la terre d’élection de l’élite européenne. En route !

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(Première publication : 28 mai 2009)

Peinture, photographie… L’Italie fut un modèle sans cesse renouvelé, ce dont témoigne l’exposition qui, pour être thématique, s’articule également autour de deux temps : avant et après l’invention de la photographie, laquelle découverte permettra de vulgariser les beautés architecturales, naturelles et humaines de ce pays en favorisant, par exemple, le développement des albums de souvenirs. Et si les premières images s’inscrivent plutôt dans la tradition du paysage héritée de la pratique picturale, peu à peu des individualités émergeront, associées qui à une région qui à une préoccupation, qui à une technique. Que l’on songe à Giorgio Sommer qui sera le témoin des 2 éruptions du Vésuve de 1872 puis de 1888 et des découvertes, à la même époque, des sites de Pompéi et d’Herculanum, près de Naples, ou aux frères Alinari installés, eux, à Florence.

Éruption du Vésuve, 26 avril 1872, 4½  p.m., Giorgio Sommer.
Éruption du Vésuve, 26 avril 1872, 4½ p.m., Giorgio Sommer. Patrice Schmidt

De la toute fin du XVIIIe siècle à l’annexion de Rome en janvier 1871, ce qui paracheva l’unification du Royaume entamée dès les années 1840 au moment du Risorgimento, ce mouvement de renaissance conduit par Garibaldi… Le visiteur parcourt ainsi un siècle  d’ « impressions » depuis les petits tableaux du Français Camille Corot jusqu’aux images de son compatriote Gustave Le Gray qui effectua, de 1859 à 1861, un reportage sur les ruines et les barricades dressées dans Palerme, en Sicile, en passant par les aquarelles de l’Anglais John Ruskin qui constitua par ailleurs une importante (et émouvante) collection de daguerréotypes sans oublier les somptueuses images des Italiens Stefano Lecchi, Gioacchino Altobelli, tous deux officiant à Rome, et Carlo Naya qui a laissé, pour sa part, de magnfiques photographies de Venise.

« Quand je vins en Italie, mes yeux étaient semblables à du verre brut : ce n’est qu’alors que je commençai réellement à voir », écrivit le philosophe et écrivain allemand Friedrich Theodor Vischer (1807-1887) à son retour de son Grand Tour. Or tous ceux qui l’ont précédé ou lui ont succédé sur les routes de la péninsule ont, de toute évidence, éprouvé le même sentiment, le même choc, la même fascination. C’est ainsi que Goethe dira approximativement la même chose quand il rapportera cette phrase napolitaine - à l’origine de l’intitulé de l’exposition - entendue lors d’un séjour sur la côte amalfitaine, « Vedi Napoli e poi muori » (« Vois Naples et puis meurs »). Découvertes archéologiques, inventaire des monuments, images de paysages et même « études pour artistes » avec son cortège de personnages posant dans leurs costumes traditionnels…

C’est l’Italie dans toute sa diversité, ce qui n’empêche pas les stéréotypes, comme le prouve l’intérêt récurrent pour ces figures « typiques » du sud de l’Italie tels que les lazzaroni et les pifferari reconnaissables à leur bonnet phrygien et censés incarner l’oisiveté et la débrouillardise propres à la région napolitaine. Itou pour ces jeunes adolescents qui, au tournant des XIXe et XXe siècle, sous le pinceau des artistes du mouvement pictorialiste prennent l’apparence de faunes égarés dans une nature forcément suggestive et opulente. Reflet d’une Arcadie à laquelle l’Italie, encore aujourd’hui, reste partiellement associée. 

Palerme. Rue de Tolède, juin 1860, Gustave Le Gray.
Palerme. Rue de Tolède, juin 1860, Gustave Le Gray. Robert J. Hennessey

 

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