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L'été des festivals

A Patrimonio, on y gratte depuis 20 ans !

Vicente Amigo
Vicente Amigo © Fred Dupertuys

En avion ou en bateau, pour qui aime la guitare, rendez-vous à Patrimonio, en Corse où se tiennent depuis deux décennies Les nuits de la guitare, un festival initié par un enfant du pays qui quitte chaque été le continent, où il s’est installé, pour orchestrer une manifestation qui accueillera cette année Tracy Chapman, Rokia Traoré et Kezia Jones.

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Si Patrimonio (500 habitants), niché dans les vignes du nord de l’île de beauté à quelque 150 mètres d’altitude non loin de Saint-Florent et de Bastia, est connu pour son vin, ce modeste village corse n’a pas qu’une corde à son arc. Depuis 1990, il célèbre aussi la guitare, conséquence d’une passion à la fois villageoise et juvénile. A Patrimonio, se souvient Jean-Bernard Gilormini, le fondateur des Nuits de la guitare, il y avait quand il était enfant, des « anciens » qui « jouaient volontiers de la guitare entre eux, et nous gamins on allait les écouter. On était fasciné et donc, à 12 ans, on a acheté des guitares, on a commencé à jouer avec eux, et le soir on se retrouvait facilement à 10 ou 12 au café du village pour jouer de la musique ». De bœufs en improvisations, l’idée est ainsi née d’inviter « les vedettes dont on essaye en vain de jouer les morceaux » à se joindre à eux.

En 1990, c’est la première édition d’une manifestation qui ne durait alors que trois nuits et dont les premières parties étaient assurées par des artistes locaux. Mais déjà, à l’affiche cette année-là, le fils de Django Reinhardt, Babik (décédé en 2001), car dès ses débuts le village corse a célébré le jazz manouche, bien avant que cette musique ne devienne à la mode. D’ailleurs, pour les vingt ans du festival, c’est l’un des fils de Babik qui se produira, David Reinhardt, le seul de ses 9 enfants à avoir repris le flambeau : « Les manouches eux-mêmes le disent : ‘Django est à Patrimonio, il est là, au dessus de nous’ », note Jean-Bernard Gilormini qui confesse néanmoins que même après deux décennies et un succès plus que d’estime (20 000 spectateurs, l’an passé, et principalement des Corses), il faut savoir introduire des notes plus discordantes pour attirer le public. Cette année, les « locomotives » auront pour nom Rokia Traoré, Ayo ou encore Tracy Chapman. « Le festival s’autofinance à hauteur de 90% », rappelle le directeur des Nuits de la guitare.

Même parcouru de vedettes de la world music, le festival n’en reste pas moins fidèle à cet instrument qui, de nuit comme de jour, résonne dans toute la commune. Car en attendant les concerts, des classes accueillent la journée durant des élèves guitaristes qui jouent, répètent, s’accordent hors les murs, autrement dit en plein air. Une habitude local car même les concerts le soir venu se donne en extérieur, dans ce que Jean-Bernard Gilormini appelle « l’amphithéâtre de verdure » de Patrimonio, en fait « un ancien jardin d’enfants où personne n’allait car le village est noyé dans la verdure. Il y avait de l’herbe très haute et une très belle arche en pierres sèches avec des escaliers de chaque côté. On a donc posé la scène devant  cette arche qui est devenu un peu le symbole du festival, et comme on s’est aperçu que le lieu fonctionnait bien, on a crée un amphithéâtre mais en verdure. Il faut imaginer un lieu tout entouré d’arbres et dominé, du haut de son piton, par la vieille église Saint-Martin de Patrimonio (1653) quiest un monument classé ».

Le patron du festival regrette juste que sur les 10 ou 12 gamins qui jouaient ensemble pendant les vacances d’été, peu aient entretenu la tradition : « Dès que j’arrive, l’épicier qui habite en face de chez moi m’interpelle pour qu’on gratte un peu, mais on est rarement plus de 2 ou 3 aujourd’hui ». Reste les grands noms de la guitare qui, une fois par an, en plein cœur de l’été, ravivent les souvenirs d’antan, dans l’ancien jardin des enfants de Patrimonio.

 

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