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Photographie

Eggleston plonge Paris dans un bain de couleurs

William Eggleston, Sans titre, série Paris, 2006-2008
William Eggleston, Sans titre, série Paris, 2006-2008 © 2009 Eggleston Artistic Trust/ Courtesy Cheim and Read, New Yo

Entre le photographe américain et la Fondation Cartier (pour l’art contemporain) à Paris, c’est décidément une histoire qui dure. William Eggleston y prend ses quartiers pour la troisième fois avec une série consacrée à Paris. C’est à voir jusqu’au 21 juin.

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(Première publication : 27 avril 2009)

William Eggleston, 69 ans, doit être un homme heureux : alors que ses 70 photographies de la capitale française et sa cinquantaine de dessins se donnent à voir à la Fondation Cartier, le Centre Pompidou présente, dans le même temps, Kandinsky version XXL. Or, le photographe américain ne s’en est jamais caché - il le redit d’ailleurs dans l’exposition qui lui est consacrée -, le peintre d’origine russe est son modèle, son maître : « Mes peintures sont complètement abstraites, pas figuratives pour un sou. Il faut dire qu’en matière de peinture, mon héros est Kandinsky ». Et ce qui vaut pour ses dessins, vaut également pour ses images. Pour preuve, l’usage qu’il fait de la couleur, d'un éblouissement permanent.

Le pionnier de la photographie en couleurs qu’il a réhabilitée alors qu’elle était réservée à la publicité et à la mode autrement dit considérée comme décorative, a d’ailleurs sillonné Paris comme n’importe quelle autre ville. « Le sujet importe peu », rappelle-t-il. Du reste, pas de légende au bas de ses photos. Seul à l’entrée de l’exposition toute tendue de rouge du sol aux cimaises, un panneau (d’indication) nous livre pèle mêle le nom des lieux parisiens que William Eggleston a parcourus pour en rapporter un cliché… qui n’a de cliché que le nom car le visiteur, à deux ou trois exceptions près, serait bien en mal de se situer dans ce « Paris vu par Eggleston ». Les monuments type la Tour Eiffel ne figurent pas à son palmarès, l’artiste leur préférant les sujets plus communs, plus ordinaires, plus kitsch aussi. C’est ici une poubelle remplie de déchets, là de vieilles valises abandonnées sur un trottoir (fin du voyage ?), là-bas un bas de survêtement jaune jeté sur un banc public vert, ailleurs les fleurs en plastique d’une devanture ou encore des tags sur le pignon d’un immeuble … Une approche de la vie urbaine, pas toujours merveilleuse. Et pourtant, sous l’œil d’Eggleston, non dénuée de beauté. Moins banal en tout cas qu’on ne le considère habituellement.

Que retient-il ? Les couleurs et les formes, sans pour autant trahir ou oublier le motif. Du coup, si énigme il y a, on ne se sent pas pour autant perdu. Cette appréhension décalée peut même surprendre quant on songe que, pour beaucoup, Paris reste associée au noir et blanc des Cartier-Bresson, Brassaï et autres Ronis, et de toute façon au gris de ses toits, au grège de ses façades et aux tonalités sombres des pardessus. Or, avec Eggleston, la couleur jaillit, gicle littéralement, tel un feu d’artifice : « Je vois le monde en couleurs, je rêve en couleurs », reconnait-il, et de fait ses images s’apparentent à des assemblages chromatiques aussi éblouissants qu’inattendus. Au cours des trois séjours répartis sur trois années, jusqu’en 2008, le citoyen de Memphis (Tennessee) a également beaucoup dessiné. Aux côtés de ses images (et même parfois accolés), sont donc exposés ses carnets de dessins qui confirment, s’il en était besoin, que c’est bien dans un Paris haut en couleur que le photographe nous invite à déambuler. Stimulant, par la même, notre regard assoupi voire routinier.

William Eggleston, Sans titre, série Paris, 2006-2008
William Eggleston, Sans titre, série Paris, 2006-2008 © 2009 Eggleston Artistic Trust/ Courtesy Cheim and Read, New Yo

 

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