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Souvenir

Sarreguemines tout en faïence

Promenade sur les bords de Sarre.
Promenade sur les bords de Sarre. Danielle Birck/RFI

Au musée des Techniques faïencières, sur l’ancien site industriel du Moulin de la Blies, est venu s’ajouter depuis juin 2009 un Jardin des Faïenciers, intégré au réseau des Jardins sans Limites et évoquant à sa manière ce passé. Il est l’œuvre du paysagiste Philippe Niez, qui a remporté le concours lancé par la ville en 2003.Tandis que la ville de Sarreguemines a décidé elle aussi de porter haut son passé faïencier dans la décoration de ses jardins et de ses places

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Si le jardin des Faïenciers, en bordure de la Blies qui sépare la France de l’Allemagne, est le plus frontalier des Jardins sans Limites, son concepteur, Philippe Niez, aimerait bien qu’il soit aussi « transfrontalier », que son autre rive, en land de Sarre, soit aménagée en promenade, pour en faire en quelque sorte, un « jardin commun ».

En attendant, la Blies reste ce qu’elle est avec son moulin :   le témoignage et le symbole de la mémoire industrielle de la Faïencerie de Sarreguemines  à laquelle le site a appartenu, de 1825 à 1969 et d’où sont parties les collections d’assiettes, soupières et autres récipients de faïence blanche décorée qui ont orné les tables et vaisseliers des familles dans la France entière pendant un siècle et font aujourd’hui le bonheur des chineurs dans les brocantes.

C’est un site en ruines que la municipalité de Sarreguemines rachète à la fin des années 1970. Un  musée des Techniques faïencières sera installé dans le moulin tandis qu’un « Jardin de ruines » est dessiné sur les friches qui entourent les vestiges des autres bâtiments.

Dialogue intime

Projet de musée à ciel ouvert.
Projet de musée à ciel ouvert. Danielle Birck/RFI

Les ruines sont toujours là, mais depuis juin 2009 un autre jardin se déploie alentour, le Jardin des Faïenciers. Il est l’œuvre du paysagiste Philippe Niez, qui a remporté le concours lancé par la ville en 2003. Au cœur du projet : un dialogue intime avec un site très habité. Comme le dit Philippe Niez, « il y avait une atmosphère à conserver »  et  il s’y est employé dans un jardin qu’il a voulu « étonnant, mais trop sophistiqué ».

Un équilibre qui joue subtilement sur la nostalgie induite par les ruines et la permanence des éléments nécessaires à la fabrication  de la faïence : la terre, l’eau, le feu, déclinés en sept jardins qui ont chacun leur univers propre.  On y ajoutera parfois l’élément sonore avec le sol tapissé de tessons de faïence, qui sous les pas donne sa « musicalité » au lieu, comme dans le jardin dit « des meules » où ces dernières, récupérées sur le site, gisent entourées de massifs de « langues de feu »

Après le feu, l’eau, dominante dans le « jardin des grands feuillages », un jardin « caché dans une dépression qui correspond à un ancien ouvrage d’évacuation des eaux fluviales, lui-même caché sous un ruisseau artificiel s’écoulant entre des gabions » (des murs de pierres sèches retenus par des grillages), et bordé de de  plantes vertes, notamment du Brésil, se déployant dans un nuage d’humidité, des aulnes, des frênes aussi.

Des frênes qu’on retrouve, avec des érables, des robiniers qui ont germé, poussé, grandi « spontanément sur des faïences brisées. On se trouve en effet dans le « Petit Bois » installé sur les anciennes tessonnières de la faïencerie. « Le jardin qui me tient le plus à cœur, indique Philippe Niez, car il joue sur la lumière, avec les plantes et les tessons de faîence ». Avec aussi le charme des clématites qui « viennent enlacer les arbres, inspirées par les toiles de Majorelle ».

Oui : un jardin très varié,  « étonnant mais pas trop sophistiqué », comme l’a souhaité celui qui l’a dessiné.

Etonnante, et plutôt sophistiquée

… par contre, la manière dont la ville de Sarreguemines a décidé d’illustrer son passé faïencier. Cela passe par un « fleurissement identitaire » où le blanc domine - celui de cette faïence dont Sarreguemines a été un des creusets -  avec beaucoup de plantes vivaces (développement durable oblige).

Le sous-bois.
Le sous-bois. Danielle Birck/RFI

Une revanche aussi pour une ville qui fut longtemps « toute noire ». Noire de la pollution par le charbon, émanant des énormes fours anglais Howel, utilisés pour la cuisson de la faïence : neuf tonnes de charbon pour une cuisson !  Il en reste un - le dernier en France, parait-il -  dressant sa masse compacte (11m de hauteur et 9m de diamètre) derrière l’Hôtel de ville. A partir de 1920, ces fours seront progressivement remplacés par des fours « tunnels » moins polluants. Un de ces derniers a d’ailleurs été matérialisé par un artiste dans une des avenues de la ville.

 Car la réminiscence faïencière se nourrit aussi dans Sarreguemines d’œuvres  qui ornent places, rond-points ou trottoirs. Comme cette énorme soupière d’Altuglass et de Carrelage, plantée au milieu d’un carrefour et remplie d’une eau bouillonnante…

Plus haut dans la ville, on trouvera, installé sur un large rond-point, une sorte de « laboratoire », une œuvre sculptée qui semble tout droit sortie d'un film d'animation et s'inscrit dans un projet de « musée à ciel ouvert » qui raconterait dans plusieurs lieux de la ville les différentes étapes de la fabrication de la faïence, de manière à la fois ludique et artistique…

Plus sobre et moins kitsch, l’aménagement de la promenade sur les bords de Sarre, plantée d’arbres et où la faïence se fait discrète dans des parterres. A noter que Sarreguemines a adhéré à une charte de l’arbre en s’engageant à en planter une cinquantaine par an.

Le tout sous la figure tutélaire de Saint-Paul, que l’on fête à Sarreguemines chaque année, le dernier week-end de juin. Une exception dans le monde de la faïencerie où c’est habituellement saint Antoine qui est honoré. Mais ici, on a tenu à rendre hommage pas seulement à un saint-patron, mais à des patrons tout court : Paul Utzschneider, fondateur de la dynastie des manufacturiers de Sarreguemines, et Paul de Geiger, directeur de l’usine de Sarreguemines de 1870 à 1913. La fête « patronale » est devenue depuis 18 ans un festival où se mêlent spectacles vivants et marchés d’artisanat.

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