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ANNIVERSAIRE

Le Bauhaus souffle ses 90 ans

VG Bild-Kunst

Rafales de commémorations en Allemagne. L'année 2009 coïncide en effet avec toute une série d'anniversaires qu'ils soient d'ordre politique ou culturel. Au nombre de ces événements historiques, les quatre vingt-dix ans du Bauhaus, l'un des mouvements européens les plus importants du XXe siècle. Modell Bauhaus est le titre de l'exposition qui se tient à Berlin jusqu'en octobre et qui permet - le privilège des commémorations - de lever quelques malentendus.   

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Projet de gratte-ciel à la gare de Friedrichstrasse / Berlin-1922 - Ludwig Mies van der Rohe.
Projet de gratte-ciel à la gare de Friedrichstrasse / Berlin-1922 - Ludwig Mies van der Rohe. VG Bild-Kunst

(Première publication : 23 juillet 2009)

Peu de mots allemands se sont imposés comme celui là dans le monde entier, devenant synonyme du bouillonnement culturel qui a marqué la république de Weimar. C’est d’ailleurs dans cette même ville de Thuringe où le premier régime démocratique allemand voit le jour, et pour éviter les troubles de la capitale Berlin, que l’école du Bauhaus s’installe en 1919.

Le mouvement ne survivra d’ailleurs pas à cette éphémère République. Après avoir quitté Weimar sous la contrainte des conservateurs, le Bauhaus - marqué par des idées de gauche et des moeurs choquantes pour l’époque - s’exile à Dessau plus au Nord avant de s’installer à Berlin. Il ne survivra pas à la République de Weimar : l’école moderniste honnie par les Nazis disparait après l’arrivée au pouvoir de Hitler.

Ludwig Mies van der Rohe, 1934.
Ludwig Mies van der Rohe, 1934. VG Bild-Kunst

La renommée du mouvement où s’illustrèrent tant d’artistes connus -peintres, architectes, designers - va de pair avec un environnement souvent hostile. Une hostilité qui explique pour partie la postérité du Bauhaus. Certains de ces grands noms comme l’architecte Mies van der Rohe - son dernier directeur - s’exile aux Etats-Unis et contribue à asseoir l’héritage du mouvement devenu le symbole du modernisme allemand au vingtième siècle.

Avant même son centenaire dans dix ans, les festivités cette année sont impressionnantes. Peut-être également parce que le Bauhaus par son imbrication dans l’histoire politique et culturelle de l’Allemagne trouve sa place dans cette année 2009 riche en commémorations : celle de la République de Weimar, de l’invasion de la Pologne en septembre 1939 avec laquelle début la seconde guerre mondiale, les soixante ans de la RFA et bien sûr le vingtième anniversaire de la chute du mur.

Walter Gropius devant son projet pour la tour du <em>Chicago Tribune </em>de 1922.
Walter Gropius devant son projet pour la tour du <em>Chicago Tribune </em>de 1922. VG Bild-Kunst

L’exposition du Martin-Gropius-Bau à Berlin - un bâtiment érigé par le grand oncle du fondateur du Bauhaus Walter Gropius - constitue un évément à plusieurs titres. Elle est la première manifestation aussi exhaustive sur ce sujet depuis quarante ans. Elle profite ensuite de la collaboration des trois « temples » du Bauhaus en Allemagne (Weimar, Dessau et Berlin) séparés il y a encore vingt ans par le mur. Ce qui permet de réunir 1 000 objets dans une succession de salles présentant chronologiquement le mouvement. Des oeuvres des peintres Oskar Schlemmer et Lyonel Feyninger, des projets archicturaux ou des réalisations de Walter Gropius et Mies van der Rohe, de nombreux objets aujourd’hui très prisés, comme le fauteuil de Marcel Breuer, et conçus à l’époque pour une production industrielle sont présentés.

L’exposition retrace aussi l’évolution de ce qui a d’abord été une école avec ses étudiants fondée sur un enseignement interdisciplinaire, rompant avec la stricte séparation entre théorie et pratique et créant une communauté de vie sur les trois sites successifs. Une évolution marquée par la personnalité des différents directeurs. A Dessau, l’ambition de l’école de fabriquer des objets prototypes destinés ensuite à une production de masse est mise en avant. Plus tard, l’architecture figurera au premier plan.

Certes, le Bauhaus est un mouvement très connu. Mais l’exposition berlinoise s’efforce de rompre avec certains clichés présentant le mouvement sous des traits uniformes et rigides, où les formes géométriques - on pense aux maisons carrées aux toîts plats - l’emportent. Un mouvement décrié plus tard comme ayant posé les bases de l’urbanisme d’après-guerre avec sa ségrégation entre les différentes fonctions sociales dans des villes marquées par un habitat uniforme et niant toute individualité.

Fauteuil club version 1926 - Marcel Breuer "fauteuil club version 1926".
Fauteuil club version 1926 - Marcel Breuer "fauteuil club version 1926". VG Bild-Kunst

L’exposition montre que le Bauhaus était beaucoup plus divers qu’on ne le pense parfois en raison de multiples influences et de personnalités aux points de vue fort différents et parfois même divergents. Le Martin-Gropius-Bau déborde ainsi de couleurs qui tranchent avec l’image sévère du mouvement. Et de nombreux projets architecturaux témoignent également d'une diversité d'inspirations, autres en tout cas que celles ayant marqué l’urbanisme industriel d’après-guerre..

Enfin, le centre du bâtiment est consacré à l’actualité du Bauhaus. L’humour n’est pas absent de ces installations avec, par exemple, des meubles Ikea dont le design reproduit à des millions d’exemplaires rappelle la volonté du Bauhaus de développer des objets et des meubles pour le plus grand nombre. Modell Bauhaus : le nom de l’exposition a une double signification ; il renvoie au côté exemplaire de ce mouvement mais rappelle aussi qu’il s’agissait également d’un laboratoire d’idées où de nombreuses expériences furent possibles.

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