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France / Industries de santé

Coup de pouce aux biotechnologies

Le président français Nicolas Sarkozy (c) lors d'une réunion avec les directeurs des industries de la santé, au Palais de l'Elysée à Paris, le 26 octobre 2009.
Le président français Nicolas Sarkozy (c) lors d'une réunion avec les directeurs des industries de la santé, au Palais de l'Elysée à Paris, le 26 octobre 2009. AFP/Jacques Brinon

Nicolas Sarkozy a reçu, lundi 26 octobre 2009 à l’Elysée, les industriels de la pharmacie dans le cadre du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS). Une rencontre au cours de laquelle ont été annoncées des mesures de soutien à la recherche, notamment dans le secteur des biotechnologies.

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La principale mesure annoncée par le président de la République est la création d’un fonds d’investissement destiné aux entreprises innovantes en matière de biotechnologies. Le montant total de ce fonds sera de « 140 millions d’euros, cofinancés par le Fonds stratégique d’investissement (FSI) et neuf industriels pharmaceutiques français et étrangers ». Objectif : stimuler la recherche dans ce secteur. La France, premier producteur de médicaments en Europe, possède en effet peu de sites de production de biomédicaments, ces nouveaux produits, fabriqués à partir des résultats de la recherche sur les cellules, les gènes ou les tissus humains.

Cette mesure vient compléter la réforme du Crédit impôt recherche mise en place en 2008, qui permet aux entreprises d'obtenir le remboursement de 30% de leurs dépenses de recherche et développement. Son remboursement immédiat, décidé dans le cadre du plan de relance, sera maintenu en 2010.

Renforcement des partenariats public-privé

Pour améliorer les échanges entre le monde de l’industrie et celui de la recherche fondamentale, Nicolas Sarkozy a également annoncé la signature, par les laboratoires, d’un document commun exprimant leur volonté de doubler le nombre de partenariats public-privé dans les trois ans à venir. Les industriels s’engagent ainsi à doubler leurs investissements dans ces partenariats, soit un montant de plus de 60 millions d’euros qui sera orienté vers la recherche.

Des fonds publics doivent également financer la recherche en sciences du vivant. Le futur grand emprunt national pourrait financer certains investissements comme notamment les instituts hospitalo-universitaires (IHU). Des centres de recherche d’excellence qui devraient renforcer l’attractivité de la France dans ce secteur d’avenir. En 2010, le label d’IHU sera conféré à cinq centres au maximum. Cette mesure devrait satisfaire le « G5 » qui regroupe les cinq grands laboratoires français Sanofi-Aventis, Pierre Fabre, Servier, Ipsen et LFB.

La concurrence des fabricants de génériques

La question de l’emploi a également à l’ordre du jour du conseil stratégique. Pour maintenir l’emploi industriel en France, Nicolas Sarkozy a annoncé que la France allait « soutenir les industriels acceptant que les génériques de leurs médicaments soient produits en France quelques semaines avant l’expiration de leur brevet », une pratique jusqu’ici impossible. La concurrence des fabricants de produits génériques a, en effet, contraint les groupes pharmaceutiques à réduire la voilure. Selon le Leem, le syndicat professionnel des laboratoires pharmaceutiques, 25 plans sociaux ont été lancés l’an dernier en France, soit 5 000 postes supprimés. 

En France, l’industrie de la santé, ce sont 326 entreprises qui emploient près de 100 000 personnes. Or ces entreprises sont aujourd’hui fragilisées. Le chiffre d’affaires de la pharmacie française, en hausse de 2,7% en 2008, voit désormais sa progression ralentir en 2009. Avant 2005, la croissance était comprise entre 6% et 8%. « Une hausse mise à mal par les politiques de maitrise des dépenses de santé et la très forte poussée des médicaments génériques », selon le président du Leem, Christian Lajoux.

Selon une étude de l’assureur-crédit Euler Hermes publiée récemment, le chiffre d’affaires des génériques cumulé entre 2007 et 2011 serait de 106 milliards de dollars, contre 68 entre 2002 et 2006. Or, une boîte de médicaments génériques sur deux est importée. Pour les groupes pharmaceutiques, gérer la baisse de la production est d’autant plus difficile qu’ils doivent négocier en même temps le virage des biotechnologies, dont sont issus la moitié des nouveaux médicaments. Dans ce domaine, la France accuse un retard important. Toujours selon l’étude d’Euler Hermes, le financement des biotechnologies en France a atteint 200 millions de dollars en 2008, contre 13 milliards aux Etats-Unis.

 

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