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Angolagate

En attendant le verdict

Pierre Falcone, le principal accusé, soupçonné d'avoir distribué des pots-de-vin à plusieurs personnalités.
Pierre Falcone, le principal accusé, soupçonné d'avoir distribué des pots-de-vin à plusieurs personnalités. AFP/ Martin Bureau

Le tribunal correctionnel de Paris doit se prononcer ce mardi sur l'Angolagate, une vaste affaire de commerce d'armes vers l'Angola remontant au milieu des années 90, et dont le jugement risque de peser sur les relations entre Paris et Luanda. Clos en mars 2009, le procès s'était déroulé dans une «ambiance de plomb», de l'avis même du procureur.

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Ne cherchez pas des ressortissants angolais sur le banc des accusés, il n'y en a pas. Au Palais de justice, cette affaire ne s'appelle même pas l'Angolagate, mais le procès Brencon, du nom de la société française qui a vendu les armes au gouvernement angolais.

Quatre cent vingt chars, six navires de guerres, 12 hélicoptères: la guerre civile en Angola fut un juteux trafic qui rapporta à Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak près de 800 millions de dollars. Pour mettre de l'huile dans les rouages, les deux associés n'ont pas hésité à verser de nombreux pots de vin au tout Paris des années des années 90. Parmi les prévenus on retrouve des personnalités comme l'ancien ministre Charles Pasqua, l'écrivain Paul-Loup Sulitzer, l'ex préfet Jean Charles Marchiani ou encore Jean Christophe Mitterrand, le fils du président défunt.

Mais aucune révélation n'a émergé des cinq mois d'audience. La défense ne cessant de marteler que l'Etat français savait et qu'il a laissé faire.

Le principal suspect Pierre Falcone, patron de Brencon, risque officiellement 6 ans de prison en ferme. Et même s'il est condamné, l'homme d'affaire français ne purgera pas sa peine. Le président Dos Santos, qui était déjà à la tête de l'Etat angolais aux moments de ces ventes d'armes, lui a donné un poste au sein de la représentation de l'Angola auprès de l'Unesco. Il jouit ainsi d’une opportune immunité diplomatique. Arcady Gaydamak, réfugié en Israël, n'a jamais mis les pieds à son procès.

L'accusation a requis 18 mois ferme contre Marchiani et Sulitzer, ou encore un an de prison ferme contre le fils Mitterrand.

L'eldorado angolais séduit la France

Lorsqu'en mai 2008 à Luanda, Nicolas Sarkozy demande à son homologue angolais de «tourner la page du passé» et qualifie l'affaire de «malentendu», c'est qu'il espère bien développer des relations économiques lucratives avec l'Angola. L'Angola qui est l'un des plus importants producteurs de pétrole du continent et dont la croissance est - jusqu'à la récente crise - exponentielle. Or la France, sixième partenaire économique de Luanda, espère bien profiter de l'eldorado angolais.
 

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