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Revue de presse Afrique

A la une : Moins de 90% des voix? «Un crime de lèse-majesté»

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En Tunisie, le président Ben Ali a été reconduit à son poste avec 89,62 % des voix soit sous la barre des 90%. «Voilà donc Ben Ali réélu avec un score qui n'est pas du Ben Ali », estime le quotidien L'Observateurau Burkina. L'Observateur qui s'interroge : «Comment est- ce que les Tunisiens ont-ils osé pareil crime de lèse-majesté? (…) Moins de 90 % des voix au vénéré pacha du palais de Carthage (…) c'est un chiffre qui va tristement faire date (...) Un véritable crève-cœur pour le guide très éclairé qui doit se sentir désormais comme un minus». Et conclusion du journal de Ouagadougou : «Les Tunisiens ne sont décidément pas reconnaissants envers l'artisan de la «stabilité et de la prospérité économique » de leur pays» (!)

Enfin les Tunisiens, pas tous les Tunisiens... Les journaux officiels sont -eux- évidemment très élogieux. Le quotidien La Presse est honoré -d'ailleurs- «de présenter ses chaleureuses félicitations au président Ben Ali (…) et au peuple  tunisien qui a encore une fois fait montre de maturité politique ». A lire toujours dans La Presse : un chapelet de louanges sur le chef de l'Etat «qui a garanti une campagne électorale ouverte à tous les candidats (...) qui sort renforcé de cette épreuve démocratique car il a donné, si besoin est, une preuve éloquente de son engagement irrévocable en faveur d'une vraie construction de la démocratie Et même son de cloche, par exemple, dans le quotidien Le Temps : « En votant Ben Ali, les Tunisiens votent pour le bien être, la stabilité, le progrès et la démocratie.»

L’envoyée spéciale du Monde expulsée

Il est donc beaucoup question de démocratie, un domaine dans lequel la Tunisie n'a évidement aucune leçon à recevoir puisque le pays jouit notamment d'une très grande liberté de la presse. Seuls les journaux officiels sont autorisés dans le pays. Et pour ce qui est des journalistes étrangers, mieux vaut visiblement garder sa langue dans sa poche sinon, c'est la porte tout simplement. C'est ce qui est arrivé-en tous cas- à l'envoyée spéciale du Monde en Tunisie, Florence Beaugé, qui a été expulsée la semaine dernière et qui se voit accusée «d'appel au meurtre, au coup d'Etat et à l'attentat».

Le Monde indique que Florence Beaugé a signé plusieurs articles dans lesquels elle dresse le bilan de la présidence Ben Ali avec ses bons et ses mauvais côtés. Mais surtout la journaliste a mis en avant «l'exaspération des Tunisiens face à la façon dont la famille Ben Ali et celle de son épouse, Leïla Trabelsi, s'accaparent les richesses du pays ». Ce qui a visiblement irrité au plus haut niveau puisqu'à la veille des élections, le président Ben Ali a fait une déclaration solennelle à la télévision, nous apprend Le Monde. Déclaration au cours de laquelle il a accusé ses opposants de « mener une campagne désespérée auprès de certains journalistes étrangers». Il a d'ailleurs menacé ses opposants de poursuites judiciaires.

« Tapis rouge » pour Mohamed Ould Abdel Aziz

Le président mauritanien effectue sa première visite officielle en France depuis son élection le 18 juillet dernier. Et pour l'occasion, Paris lui déroule «le tapis rouge», analyse Le Pays au Burkina. «Abdel Aziz est absous de tous ses pêchés et à présent, adoubé par la France». En clair, écrit le quotidien, «on retombe  dans le scénario classique ». « Paris crie d'abord au coup d'Etat anti constitutionnel. (NDLR : En Mauritanie, c'était le 6 août 2008 avec le renversement du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi) Puis, changement de posture. L'essentiel, pour la France, étant que ses intérêts soient saufs ».

Aux yeux de l'Elysée donc, le président mauritanien est devenu «un homme fréquentable». Avis que ne partage pas Le Pays. Le Pays pour qui, « nulle part au monde, Abdel Aziz ne saurait trouver un chirurgien capable de lui rectifier son portrait de militaire putschiste parvenu au pouvoir par la plus inélégante des procédures (…)».

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