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Revue de presse des Amériques

L’obsédante guerre d’Afghanistan

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La visite de Barack Obama cette nuit sur la base aérienne de Dover, où arrivent les corps des soldats américains tués en Afghanistan, le montre bien : cette guerre occupe toutes les pensées du président américain, dont les journaux aux Etats-Unis continuent de suivre, au jour le jour, la réflexion sur le sujet. Ainsi, le Washington Post fait sa une sur « l’analyse, province afghane par province afghane », que Barack Obama a demandé à ses collaborateurs d’établir avant sa rencontre au sommet demain avec l’état-major. Le général Mc Chrystal, on le sait, demande le renfort de 44 000 soldats supplémentaires, dont « la moitié » seraient déployés « dans les sanctuaires talibans du sud de l’Afghanistan », croit savoir le Washington Post. Et avant de prendre sa décision, très attendue, le président veut identifier les régions qu’il serait possible de laisser gérer en toute confiance par les responsables locaux.
L’armée américaine devrait en tout cas disposer sur place de moyens peu orthodoxes ; c’est ce qu’a relevé le Christian science Monitor dans le budget militaire signé hier à la Maison-Blanche. Cette loi permet en effet au Pentagone de puiser dans une provision d’environ 1,3 milliard de dollars pour, officiellement, « soutenir la réintégration dans la société afghane des individus qui ont renoncé à la violence ». « Payer ses ennemis pour qu’ils quittent les rangs des insurgés est une pratique qui est presque aussi vieille que la guerre elle-même », souligne le journal de Boston, qui rappelle qu’elle a été efficace en Irak, mais « fonctionnera-t-elle aussi bien en Afghanistan? » se demande-t-il.
A Boston toujours, c’est le Boston Globe qui titre en une  : « Les familles du 11-Septembre, unies dans la douleur, se divisent sur la guerre afghane ». Le journal a en effet recueilli les réactions de proches des victimes de 2001, dont l’un estime qu’« il n’est pas nécessaire de sacrifier plus de soldats américains » et qu’« il vaut mieux construire des ponts », et l’autre que cet effort de guerre, « sur le long terme, sauvera des vies ».

Références françaises

Toujours sur l’Afghanistan, on trouve ce matin deux autres articles qui, quoique de façon fort différente, se réfèrent à la France. D’abord dans le Wall Street Journal, dont le journaliste est allé voir l’unité de la légion étrangère basé à Rodbar, qui a essuyé une attaque de l’insurrection après une rencontre avec les chefs du village. Rodbar, relève-t-il, « ne se trouve pas dans quelque coin reculé : c’est dans la province de Kaboul, à 80 km à l’est de la capitale ». Et « cette expérience illustre tous les défis auxquels sont confrontées les troupes en Afghanistan, dont le plus ardu tient à la difficulté de gagner la loyauté des civils ».
Autre référence à la France, mais à travers. Napoléon. Que vient donc faire l’empereur dans la galère afghane, peut-on s’interroger. Mais Thimothy Egan, dans une opinion publiée dans le New York Times, trouve, lui, des comparaisons à faire entre, d’une part, « le triomphe pacifique » qu’a représenté pour les Américains du début du XIXe siècle l’achat de la Louisiane au Premier Consul, et d’autre part « ce qui va probablement être les deux guerres les plus longues des Etats-Unis ».

Le front mexicain contre la drogue

Autre guerre dont on parle ce matin en Amérique : celle qui est menée contre les trafiquants de drogue mexicains. USA Today  publie un reportage sur l’implication de policiers des Etats-Unis au Mexique. Le journaliste s’est rendu à Mexico, où il a assisté à la formation que donnent là-bas 81 officiers de police américains à des collègues mexicains de façon à mieux combattre les cartels de la drogue. Cet entraînement fait partie de l’aide de quelque 1,4 milliard de dollars que les Etats-Unis ont allouée dans ce but au pays voisin. « C’est aussi une première pour le Mexique », remarque le journaliste, car le gouvernement mexicain « est historiquement réticent à laisser venir des agents américains sur son sol, à cause de l’animosité qui remonte à la guerre de 1846-48 » entre les deux pays.
On sait que le Mexique est profondément engagé de son côté contre les cartels ; dans ce contexte, c’est une bourde de premier ordre que relève le journal mexicain El Universal. Un haut-fonctionnaire du ministère de l’agriculture a en effet jugé qu’« il y a beaucoup de choses que le secteur agricole pourrait apprendre du narcotrafic », qui « produit ce que demande le marché et utilise les nouvelles technologies, alors que les paysans produisent, et voient ensuite s’il y a un marché pour leurs produits ». Des paroles que le ministère de l’Agriculture à qualifiées après coup de « malheureuses ». 
 

 

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