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Thaïlande

Quand le roi va, la Bourse va !

Le roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej (d), à l'hôpital de Siriraj, à Bangkok, le 23 octobre 2009.
Le roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej (d), à l'hôpital de Siriraj, à Bangkok, le 23 octobre 2009. Reuters/Stringer

A 81 ans, Bhumibol Adulyadej est le monarque le plus âgé au monde. Mais il n’est pas bon de le critiquer.La police recherche des personnes ayant fait circuler des rumeurs sur sa santé. Sujet auquel la Bourse est sensible.

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Quand le roi va, tout va ! Le slogan n’est absolument pas thaïlandais mais il résume assez bien ce qui s’est passé à la mi-octobre à la Bourse de Bangkok. En deux jours, les cours ont dévissé de 7,2 %. Comment expliquer la plus grosse chute boursière de l’année, alors que l’ensemble des marchés de la région repartent à la hausse ? Une seule raison : la santé du roi. « Bhumibol est faible, Bhumibol n’a plus d’appétit ». L’hospitalisation de Sa Majesté le 19 septembre a suffi à inquiéter la rue et libérer les langues, d’autant qu’en décembre dernier le roi n’était déjà pas sur sa photo d’anniversaire pour raisons médicales. Sa disparition des écrans de télévision, officiellement pour cause de fièvre et d’infection au poumon, n’a fait qu’alimenter la fébrilité des traders jusqu’à l’effondrement de l’indice SET des valeurs vedettes.

 
Le roi ou le chaos  

Car en Thaïlande, la santé du roi est d’abord un enjeu politique qui, forcément, a aussi des répercussions économiques. Insulter la monarchie est passible de 15 ans d’amende. Pour de nombreux observateurs, si le roi n’est plus là, le royaume de Siam pourrait plonger dans le chaos. Dans un pays profondément divisé, la seule chose qui ne bouge pas c'est le monarque, justement.

Le père de la nation n’a aucune prérogative constitutionnelle mais il exerce une très forte autorité morale. Régulièrement déchiré entre les « chemises rouges » pro-Thaksin -ancien premier ministre renversé le 19 septembre 2006- et « chemises jaunes » qui se réclament du roi et sont favorables au gouvernement d’Abhisit Vejajiva, le souverain est le seul point de ralliement des Thaïlandais.

Vénéré par les 70 millions d’habitants,Bhumibol Adulyadej est considéré comme un dieu vivant. De son Palais de Hua Hin à plus de 200 kilomètres de la capitale, il ne sort que pour les fêtes traditionnelles ou dans des circonstances exceptionnelles pour tenter d’apaiser les tensions. C’était le cas au printemps dernier après les manifestations des « chemises rouges » et l’annulation du sommet élargi de l’Association des nations du Sud-Est à Pattaya. C’était encore le cas vendredi dernier face aux nouveaux risques de dégringolade des marchés. Pour sa première réapparition publique, après un mois d’absence, Bhumibol est apparu en chaise roulante, à l'hôpital Siriraj de Bangkok, devant quelques dizaines de sujets prosternés. Les images ont été diffusées sur la chaîne Channel 9.
 
Enquête de police

Cela suffit-il à rassurer ? Rien n’est moins sûr. Depuis la chute des cours, ses proches multiplient les sorties. « Des soins sont prodigués de telle façon que le roi est en mesure de se tenir debout et de marcher normalement. Son rétablissement prendra encore quelques temps », affirmait ainsi la Princesse Chulabhorn depuis l’ambassade de Thaïlande à Berlin le 17 octobre dernier.

Le roi est fort, vive le roi ! Le problème c’est que tout le monde connaît « l’âge du capitaine » et peut comprendre qu’il en soit affecté. A 81 ans, Bhumibol Adulyadej est le plus ancien monarque en exercice au monde. Faire taire les rumeurs sur l’état de santé du souverain réclamerait d’avantage de transparence. Or, le Palais Royal ne diffuse les informations qu’au compte-gouttes. Depuis un mois, les communiqués officiels ont été considérablement réduits. Les analystes financiers ne cachent plus leur nervosité malgré l’intervention des autorités.

Le ministère des Finances a lancé, le 16 octobre dernier, une enquête sur une éventuelle manipulation des marchés. La présidente de la Bourse, Patareeya Benjapolchai, en a alors profité pour conseiller aux investisseurs étrangers de « contrôler leurs informations avec attention plutôt que de prendre des décisions (…) fondées sur des rumeurs ». Aujourd’hui, c’est la police qui s’en mêle. Les autorités se concentrent sur quatre ou cinq personnes soupçonnées d’avoir alimenté la polémique sur la santé du roi a expliqué le général Panya Mamen, directeur-adjoint au Bureau central d’enquêtes. Là encore il s’agit de trouver des responsables du grand plongeon boursier du mois dernier. L’enquête doit être conclue fin novembre. Et comment va le roi dans tout ça ? 

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