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Pakistan

Montée de l’anti-américanisme

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton (g) en compagnie du ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi, à Lahore, le 29 octobre.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton (g) en compagnie du ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi, à Lahore, le 29 octobre. Reuters

En visite pendant trois jours dans le pays, la chef de la diplomatie américaine était à Lahore, jeudi, pour délivrer une mise en garde aux autorités accusées de ne pas en faire assez pour arrêter les dirigeants d’al-Qaïda. L'armée pakistanaise est engagée depuis plus de dix jours dans une vaste offensive contre un groupe taliban dans le Waziristan. Message difficile à entendre dans un pays où le sentiment anti-américain est de plus en plus fort.

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Avec notre correspondante à Islamabad, Nadia Blétry

La multiplication des promesses d’aide économique faites par Hillary Clinton depuis son arrivée au Pakistan ne suffit pas à atténuer le sentiment anti-américain dans le pays. Un sentiment qui n’a jamais été aussi fort qu’aujourd’hui.

 Des échanges houleux ont marqué jeudi la rencontre entre la secrétaire d’Etat américaine et des étudiants d’une université de Lahore, dans l’est du pays.

 « Pourquoi les Etats-Unis forcent-ils le Pakistan à mener une guerre dans une zone tribale à la frontière de l’Afghanistan ? », a demandé une jeune-fille. « Quelle garantie avons-nous que les Américains ne nous trahiront pas comme ils l’ont déjà fait dans le passé ? », a questionné un autre étudiant. La chef de la diplomatie américaine a répondu en substance que l’administration de Barack Obama était différente de celle de George Bush et que les deux pays devaient agir en partenaire dans leur lutte contre l’extrémisme.

Entre les deux Etats, alliés dans la guerre contre le terrorisme depuis fin 2001, le décalage est pourtant évident. Alors que les Etats-Unis assurent vouloir œuvrer pour répondre aux besoins de la population, une grande partie des Pakistanais regardent l’aide américaine avec suspicion, considérant que le soutien financier implique en contrepartie un droit d’ingérence des Etats-Unis dans les affaires internes du Pakistan.

La complexité des relations entre Washington et Islamabad tient certainement aussi au fait que les deux Etats ont besoin l’un de l’autre dans leur lutte contre l’extrémisme.

 

L’armée pakistanaise qui a lancé le 17 octobre dernier une vaste offensive contre un bastion des militants extrémistes a rendu publique, jeudi, sa découverte de plusieurs passeports étrangers dans le Sud-Waziristan. Ces documents officiels indiquent que des citoyens européens apparemment liés aux réseaux al-Qaïda ont bien trouvé refuge dans le Sud-Waziristan.

L’un des passeports appartient à Saïd Bahaji, recherché dans le cadre des attentats du 11-Septembre. Allemand par sa mère et Marocain par son père, Said Bahaji faisait en fait partie de ce qu’on appelle la cellule de Hambourg, autrement dit la cellule allemande d’al-Qaïda qui a planifié les attentats du 11-Septembre. Saïd Bahaji est considéré comme un proche de Mohammed Atta, le chef de la cellule de Hambourg et le pilote de l’avion qui s’est écrasé contre la première tour du World Trade Center.

Le deuxième passeport est celui d'une Espagnole, Raquel Garcia Burgos, mariée à un Marocain soupçonné d’appartenir à la première cellule d'al-Qaïda montée en Espagne. Cet homme est recherché par la police espagnole pour sa possible implication dans les attentats de Madrid en mars 2004.

Parmi les documents récupérés par l’armée, rien n’indique en revanche à quel moment ces deux Européens sont arrivés et ont quitté le village de Sherwangi où ont été retrouvées leurs pièces d’identité.
 

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