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En France

Université populaire du Goût, 4ème !

Eric Provost pendant sa démonstration culinaire.
Eric Provost pendant sa démonstration culinaire. Danielle Birck/ RFI)

George Sand et la cuisine berrichonne étaient à l'honneur, le 17 octobre 2009 à Argentan, en Normandie, pour le «cours inaugural» de la quatrième rentrée de cette université pas comme les autres. Si la formule a changé au fil du temps, l’esprit de l'Université populaire du Goût , créée en 2006 par le philosophe Michel Onfray et son ami Jean-Luc Tabesse, est resté le même : mobiliser les papilles et l’esprit des participants, dans un moment intense de mixité sociale et de convivialité retrouvée.Une convivialité à laquelle le créateur du «Chat», Philippe Geluck, n'a pas résisté en prêtant son personnage à l'UPG comme carte de visite...

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(Première publication : 21 octobre 2009)

Le philosophe à qui l’on doit aussi la création en 2002 de l’Université populaire de Caen, à une cinquantaine de kilomètres d’Argentan, et le responsable des «Jardins dans la ville », sont tous deux des enfants du pays, nés à Argentan. Une ville normande d’à peine 15 000 habitants aujourd’hui, après en avoir compté plus de 17 000 au début des années 1980, avant que les entreprises ne commencent à délocaliser et fermer à la fin  des années 1990.

Danielle Birck/ RFI)

Recréer de la solidarité, du lien, de la mixité sociale, non seulement en cultivant fruits et légumes dans ces véritables chantiers de réinsertion que sont « Les jardins dans la ville » créés en 1995,  mais aussi en apprenant ou réapprenant à  les cuisiner, pour en retrouver le goût et la saveur, sous la houlette de grands chefs invités, tel a été le point de départ de cette Université populaire du Goût. Des légumes et produits du terroir on est passé aux plats et cuisines d’autres pays, comme l’Espagne ou l’Italie, toujours dans cet esprit de découverte et  transmission du goût dans toutes ses dimensions, de solidarité et convivialité.

La belle jardinière

Ce qui nous amène à la quatrième « année universitaire » 2009/2010  et sa nouvelle formule consistant en quatre grands événements, des journées thématiques organisées autour d’un écrivain, avec la double approche de la littérature et de la cuisine. Le coup d’envoi a été donné le 17 octobre, avec George Sand et la cuisine berrichonne. Car l’auteure du XIXe siècle sut être une hôtesse exemplaire en sa demeure de Nohant,  experte aux fourneaux comme au jardin qu’elle bêchait elle-même.  « J’avoue que les lettres ne donnent pas moitié tant de plaisir que la bêche », écrit-elle en 1854. Une citation recueillie lors de la table ronde organisée sous le très grand chapiteau dressé au milieu des jardins et à laquelle quelque 400 personnes sont venues assister en ce samedi après midi.

Geluck

George Sand, la belle jardinière, c’était d’ailleurs le titre de la conférence donnée un peu plus tôt par l’écrivain et historienne Evelyne Bloch Dano – qui accompagne l’UPG depuis sa création.  En sortant du chapiteau on avait eu le plaisir de voir qu’aux étals de produits des terroirs  berrichons et normands installés depuis la mi-journée, était venu s’ajouter un choix d’ouvrages de ou sur George Sand…  qu’on aura terriblement envie de redécouvrir à l’issue de la journée, après s’être rendu compte que notre image de cette auteure se réduisait aux romans dits « champêtres » lus dans l’enfance (comme La petite fadette), et au stéréotype de la féministe s’habillant en homme, fumant le cigare et faisant le désespoir de ses amants célèbres…

A table !

Justement, côté papilles, il y aura aussi une dégustation de  cigares, suivie, côté amours, d’un concert du pianiste Patrick Cohen interprétant Les Nocturnes de Chopin. Avant que les papilles reprennent le dessus avec un dîner pour quelque 200 convives, préparé par les Argentanais Arnaud Viel, chef-propriétaire de l’hôtellerie La Renaissance et Dominique Tulasne, charcutier-traiteur. Au menu : tarte berrichonne aux pommes de terre et au fromage, salade de lentilles et jambon, œufs en meurette (« un peu plus proche de la Bourgogne que du Berry », conviendra le lendemain Arnaud Viel, qui ajoutera avoir été tenté d’alléger la sauce au vin avec de la carotte, comme le préconisait Bernard Loiseau, mais ne l’a pas fait), chèvre toasté avec figues et tarte crumble aux pommes.

Danielle Birck/ RFI

On regrettera presque d’avoir repris du dessert lorsque viendra le moment de goûter l’exquise bisque de châtaignes (soupe délicatement parfumée au jus de carcasses langoustine), préparée par Eric Provost, le chef de cuisine de l’hôtel Royal Barrière à Deauville, qui a fait le déplacement pour une « leçon » de cuisine.

Au fil de la démonstration on glanera quelques « trucs »  comme le couvercle de cuisson en papier sulfurisé qui permet de cuire sans déssécher tout en  évitant de trop mouiller ce qui mijote dans la casserole (en l’occurrence du potiron et du miel), ou le sucre glace, au lieu de farine, pour abaisser la pâte feuilletée et donner à celle-ci un peu de croquant pour accueillir le potiron. On saura apprécier à la dégustation…

Il est presque 23 heures lorsqu’on se sépare après un moment que chacun aura vécu à son rythme, puisant à sa guise dans ce « buffet » du savoir et des saveurs…et des échanges aussi, au gré des rencontres tout au long de la journée. 

Prochains rendez-vous :  le 12 décembre 2009, autour d’Emile Zola, le 6 mars 2010 avec Marcel Proust, avant Colette le 29 mai.

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