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Allemagne

Erich Honecker, le dernier communiste allemand

Erich Honecker, le 29 octobre 1976.
Erich Honecker, le 29 octobre 1976. German Federal Archive

Erich Honecker, qui a dirigé la RDA de 1971 à 1989, a incarné un régime communiste sans concession, nourri d’un antifascisme forgé durant 10 ans de captivité sous le régime nazi. Dernier communiste du régime, il affirme en janvier 1989 que le mur est encore là pour 50 ou 100 ans. Lâché par ses amis russes il finit sa vie en exil au Chili.

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En 1930 alors qu’il est apprenti-couvreur, celui-ci l’envoie en Union soviétique à l’école internationale des jeunesses de Moscou pour un premier séjour. De retour en Allemagne, à la prise du pouvoir par Hitler, il organise la résistance clandestine de la jeunesse communiste. Arrêté à Berlin en décembre 1935, il est condamné deux ans plus tard à dix ans de prison. Il passe toute la guerre en détention, dans son propre pays et est libéré par l’armée rouge le 27 avril 1945.

Une carrière communiste

La direction du parti communiste qui s’installe après la guerre dans la zone d’occupation soviétique demande à Erich Honecker d’organiser la jeunesse du parti. Il la dirige jusqu’en 1955. A l’issue d’un second séjour de formation à Moscou, il retourne à Berlin Est, entre au bureau politique du SED, le parti communiste de RDA et se voit confier le secrétariat du conseil national de défense. C’est à ce titre qu’il mène la construction du mur de Berlin à partir du 13 août 1961. Le 3 mai 1971, coup de pouce pour sa carrière, les Soviétiques écartent du pouvoir le dirigeant du SED Walter Ulbricht qui ne mène pas la politique voulue avec la RFA. Erich Honecker prend sa place puis assume cinq ans plus tard également la fonction de chef de l’Etat tout en restant à la tête du conseil de défense. Ce cumul de fonctions en fait l’homme fort du régime jusqu’à sa chute.

Le pays bénéficie d’une relative prospérité économique notamment grâce aux deutschemarks de l’Ouest et fait illusion, parvenant à passer pour l’un des fleurons du Comecon. L’assistance sociale s’exerce à tous les échelons : alimentation, logement, emploi, culture, éducation, soins médicaux…Ce qui ne sera pas pour rien dans la nostalgie développée après la réunification  à l’égard d’un régime qui néanmoins fait payer ces garanties par un embrigadement de la société et une police secrète toute puissante. Sans oublier le soutien sans faille de l’armée rouge qui étouffe notamment le 17 juin 1953 une révolte des ouvriers berlinois contre le régime communiste.

Sur la scène internationale, Erich Honecker met en place une certaine normalisation des relations avec la RFA, signe avec elle un traité en 1973 et obtient ainsi la reconnaissance internationale de la RDA et son entrée au sein de l’ONU, ce qui symbolisait à ses yeux le caractère irréversible de la division de l’Allemagne en deux Etats. En 1987 il est reçu en visite de travail à Bonn.

 

Une fin tragique

 

Le 7 octobre 1989, Erich Honecker accueille en grande pompe à Berlin Est le numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev pour célébrer le quarantième anniversaire de la RDA. Il  vante les mérites « d’un état politiquement stable et économiquement fort » tandis que le pays est en fait profondément déstabilisé par les mouvements de démocratisation en Pologne et en Hongrie et par les réformes politiques prônées par le dirigeant soviétique. A Berlin celui-ci dénonce « ceux qui n’avancent pas avec leur temps ». Onze jours plus tard, refusant toute réforme, Erich Honecker est contraint à la démission de toutes ses fonctions par le comité central du SED. Il en est même exclu le 3 décembre. L’année suivante la justice de son pays va le poursuivre pour trahison, abus de pouvoir et corruption. Malade, il est hébergé dans un hôpital militaire soviétique en RDA avant d’être transféré clandestinement à Moscou le 13 mars 1991, donc après la réunification de l’Allemagne.

 

Mais Boris Eltsine se montre sensible aux demandes d’extradition allemande. Erich Honecker se réfugie le 12 décembre 1991 à l’ambassade du Chili où il trouve assistance pour avoir accueilli lui-même quelques 6000 Chiliens en RDA après le coup d’Etat du général Pinochet en 1973. Il est néanmoins reconduit à Berlin le 29 juillet 1992, accusé de meurtres - les victimes du mur de Berlin- et emprisonné. Son procès, commencé le 12 novembre, est interrompu le 13 janvier 1993 pour raison médicale. Erich Honecker, qui souffre d’un cancer du foie, part pour le Chili en compagnie de son épouse pour y rejoindre leur fille. Un millier de communistes chiliens chanteront l’Internationale le 31 mai 1994 autour de son cercueil rendant ainsi un dernier hommage à celui qui n’aura jamais  renié ses convictions. 

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