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Cinéma

Les Herbes folles, un Alain Resnais « sens dessus-dessous »

StudioCanal

Sortie ce mercredi du nouveau film d’Alain Resnais, Les herbes folles, un florilège de cocasseries et de loufoqueries absolument réjouissantes et délirantes. Chaudement recommandé surtout en cette période de gris intégral. Un exercice de style débridé qui a valu au cinéaste âgé de 87 ans un Prix exceptionnel au dernier Festival de Cannes. Bien mérité !

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 On le sait littéraire, mais pas nécessairement porté sur l’adaptation de romans à l’écran. Avec les Herbes folles, pas de scénario original : Alain Resnais s’est appuyé sur le roman de Christian Gailly, L’incident (1996). Pour une libre composition, dans le sens où le laisse d’ailleurs entendre le titre du film. Car il souffle bien un drôle de vent de folie entre les protagonistes de cet opus d’inspiration résolument pataphysique où l’absurde le dispute à la dinguerie. Et notamment entre Georges Palet et Marguerite Muir, l’improbable couple de cette histoire sans queue ni tête, qui n’en parle pas moins de nos menus dérèglements et surtout du désir, du désir fantasmé. Rien de plus cinématographique, au demeurant. Ainsi que le signifie le recours à la voix off. 

L’intrigue du reste tient à moins que rien puisqu’il s’agit de la rencontre, par un concours de circonstances hautement improbable, de mademoiselle Muir à qui on a volé le sac, et de monsieur Palet qui n’a pas retrouvé ledit sac mais les papiers de la dame dans un parking où ils ont été balancés, abandonnés. Rien n’aurait dû se passer entre ses deux-la, mais voilà, comme auraient pu dire Marivaux, les hasards de l’amour ne se commandent pas, à l’image de ces herbes folles qui réussissent à pousser dans les interstices d’un bout de bitume ébréché. Ou de ces improvisations jazzy qui font au choix des ponts ou des tunnels dans la partition au gré de l’humeur des musiciens. De la baguette à la braguette, il n’y a d’ailleurs qu’un « air » que Resnais n’a pas peur d’entonner car au final, au terme d’un audacieux looping dans les cieux, façon voyage au 7e ciel version catastrophe aérienne, c’est bien d’une histoire de bagatelle qu’il s’agit. Bref d’un drame de l’indécision (amoureuse) placé sous le signe de la loufoquerie.

Et du surréalisme, ce dont témoigne un recours sans modération aux jeux de mots, aux dialogues à double sens, aux formules préparées, soignées aux petits oignons. Durant la première heure, notre plaisir (à nous) est à son comble. Plaisir de l’oreille et des yeux devant la délectation avec laquelle les acteurs fétiches d’Alain Resnais, à commencer par l’inénarrable André Dussollier et l’inégalable Sabine Azéma, se glissent dans la peau de leurs personnages au sérieux complètement tordant et aux tocades parfaitement tordues. Truffé de références au cinéma (y compris d’avant-hier), parcouru de clins d’œil littéraires, le réalisateur de Providence, d’Hiroshima mon amour ou encore de l’hilarant On connait la chanson offre un divertissement qui renoue avec le plaisir tout simple d’aller au cinéma, même si derrière l’évidente (ou apparente) légèreté du propos, Alain Resnais pointe nos difficultés à exprimer nos élans, à faire coïncider nos imaginaires, bref tous ces menus décalages, dysfonctionnements qui atterrissent tant bien que mal.        

« Quand on sort du cinéma, plus rien ne vous étonne. Tout peut arriver avec le plus grand naturel », fait dire le cinéaste à l’un de ses personnages. Une bonne raison décidément pour y entrer ! Suffit de suivre Les herbes folles...
 

StudioCanal

 

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