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Liban/Israël/Iran

Le Hezbollah nie tout lien avec les armes saisies

La cargaison d'armes saisie par la marine israélienne le 5 novembre 2009 sur le bateau Francop.
La cargaison d'armes saisie par la marine israélienne le 5 novembre 2009 sur le bateau Francop. REUTERS/Amir Cohen

Le mouvement chiite libanais a repoussé ce jeudi les accusations de Tel Aviv d’être le destinataire de la cargaison d’armes saisie par la marine israélienne. Après les démentis similaires des autorités syriennes et iraniennes.

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« Le Hezbollah nie tout lien avec les armes que l’ennemi sioniste prétend avoir extrait du Francop. Il condamne par la même occasion la piraterie israélienne dans les eaux internationales ». C’est par ce simple communiqué que le mouvement chiite libanais a récusé les accusations d’Israël selon lesquelles il était destinataire des quelque trois cents tonnes d’armes saisies mercredi par un commando de la marine israélienne sur un cargo battant pavillon d’Antigua.

Toujours selon l’armée israélienne, ces armes en provenance d’Iran devaient être livrées en Syrie avant d’être transférées par la route au Liban. Pour le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, « cette saisie confirme que l’Iran continue à fournir des armes à des organisations terroristes qui veulent frapper des localités israéliennes et tuer des civils ».

L’Etat hébreu en profite pour exiger de ses alliés occidentaux qu’ils accentuent la pression sur l’Iran accusé de violer la résolution 1701 des Nations unies. Le texte voté après la guerre de l’été 2006 au Liban entre Israël et les miliciens du Hezbollah appelle au désarmement de tous les groupes armés présents au Liban et interdit toute vente d’armes à ces organisations.
 

Le Hezbollah de son côté revendique le droit de poursuivre la lutte armée contre Israël, estimant que l’Etat hébreu occupe toujours une portion du territoire libanais dans la zone frontalière dite des « fermes de Chebaa ».

Ces dernières semaines plusieurs incidents dont le tir d’une roquette vers le nord d’Israël revendiqué par un groupe islamiste et l’explosion survenue dans le garage d’un militant du Hezbollah sont venus rappeler que la situation sécuritaire restait précaire dans le sud du territoire libanais, bastion du Hezbollah. Fin octobre, Michaël Williams, le coordinateur spécial des Nations unies pour le Liban avait d’ailleurs reconnu que « ces trois dernières années, le sud du Liban a connu sa plus longue période de calme depuis des décennies mais les récents incidents pourraient facilement déstabiliser la situation dans la zone et augmenter le risque d’un conflit potentiel ».
 
 Un gouvernement introuvable
 
 Accusé par Israël de se réarmer, le Hezbollah fait également l’objet de vives critiques sur la scène politique libanaise. Le bloc du 14 mars du Premier ministre désigné Saad Hariri accuse en effet la milice chiite de multiplier les obstacles pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. A la fin de l’été, le fils du Premier ministre assassiné avait pourtant martelé «que l’ennemi israélien le veuille ou non, le Hezbollah fera partie du gouvernement ».
A l’époque, le chef du courant majoritaire vainqueur des élections législatives de juin dernier entend prouver l’unité libanaise face aux menaces du Premier ministre israélien. Benjamin Netanyahu avait affirmé que « le gouvernement libanais sera tenu responsable pour toute attaque provenant de son territoire si le Hezbollah fait officiellement partie de ce gouvernement ».

Mais cette volonté d’unité nationale affichée par Saad Hariri ne s’est toujours pas concrétisée par la formation d’un nouveau cabinet. Le Hezbollah, ainsi que son allié chrétien, le général Michel Aoun, continue de réclamer une minorité de blocage. Elle permettrait à la milice chiite d’éviter tout débat sur la question cruciale de son désarmement, exigé par la résolution 1701 de l’ONU.

Parallèlement, l’attribution des portefeuilles ministériels pose également problème. Le général chrétien Michel Aoun exige ainsi le poste de ministre des Télécommunications pour son gendre. Le sujet est sensible car le Hezbollah a accusé à plusieurs reprises la majorité d’utiliser ce ministère pour espionner son propre réseau de communication. Autant dire qu’en dépit des pressions de la communauté internationale, la formation d’un gouvernement libanais devrait prendre encore plusieurs semaines.

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