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Sierra Leone

Charles Taylor face aux juges

L'ex-président du Liberia Charles Taylor lors de son procès à La Haye, le 13 juillet 2009.
L'ex-président du Liberia Charles Taylor lors de son procès à La Haye, le 13 juillet 2009. (Photo : Reuters)

Le procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité de l’ex-président libérien Charles Taylor se poursuit à la Haye. L’équipe du procureur de la Cour Spéciale pour la Sierra Leone (TSSL) s’apprête à l’interroger. Il est accusé d’avoir dirigé en sous-main les rebelles sierra-léonais. Ses avocats ont en effet prévu de terminer ce lundi son interrogatoire direct. L’ancien président du Liberia s’exprime lui-même, face aux juges, depuis la mi-juillet, comme premier témoin de la défense.

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En 13 semaines d’audience, il n’a cessé de nier point par point ce dont l’accuse le procureur : d’avoir soutenu voire dirigé en sous-main les rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni (RUF), coupables des pires atrocités pendant la guerre civile en Sierra Leone, de 1991 à 2001. Ce lundi, Charles Taylor est revenu avec son avocat sur la fin de son régime.

Charles Taylor a décrit un régime aux abois, le sien, en 2002-2003. Le Liberia était attaqué de toutes parts depuis la Guinée, avec les rebelles du mouvement des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD) depuis la Côte d’Ivoire, avec ceux du Mouvement pour la démocratie au Liberia (Model). Surtout, l’ancien président du Liberia accuse les Britanniques et les Américains d’avoir fourni des armes à ses ennemis, et d’avoir imposé le maintien de l’embargo des Nations unies qui interdisait au Liberia lui-même d’acheter des armes pour se défendre…

« Pour nous, c’était clair, dit Charles Taylor, ces deux nations voulaient faire changer le régime au Liberia. Personne ne nous écoutait, quoi qu’on dise ». L’ancien président libérien se souvient encore : « L’évangéliste américain Pat Robertson est allé voir George Bush et il m’a dit ensuite : Monsieur le président, il n’y a qu’une chose à faire, vous tourner vers Dieu ! ».

L’accusé a la parole facile, abondante, pour raconter sa version de l’histoire. Costume bleu marine, cravate gris perle, un petit étui pour ses lunettes de lecture à portée de main, il semble à l’aise, calme, souvent penché en avant sur le bureau du témoin, celui qu’il occupe depuis 13 semaines. En trois mois, il s’est appliqué à nier avoir soutenu les rebelles sierra-léonais du RUF en échange de diamants.

L’équipe du procureur se prépare à lancer le contre-interrogatoire. Elle espère en avoir pour moins de 3 mois.

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