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Bénin

Chute du Mur de Berlin: l'effet domino

Mathieu Kérékou, en mars 2002.
Mathieu Kérékou, en mars 2002. Photo : AFP

Plusieurs pays africains appartenant au bloc communiste ont subi, plus ou moins directement, les conséquences de la dislocation du bloc communiste. Ce fut notamment le cas du Bénin. Des acteurs de la fin de la Guerre froide relatent leur expérience.

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Le Bénin de 1989 offre un terrain propice aux changements politiques. Après plus de quinze ans d’un régime militaro-marxiste, conduit de main de fer par Mathieu Kérékou, le pays est alors en proie à une grave crise économique.

René Avognon, professeur d’histoire à Cotonou :  « Les gens n’étaient pas payés. Les travailleurs passaient huit mois sans salaire. Sincèrement pour moi, c’était une atmosphère de morosité incroyable dans le pays. Il y avait ce qu’on appelle les CDA (les Comités révolutionnaires), les COF (les Comités des femmes), les organisations révolutionnaires étaient dans le quartier, dans le village, pour bâillonner le peuple ».

Sous cette chape de plomb, la contestation s’accroît. Christophe était alors étudiant à Cotonou : « Les Béninois de l’époque se retrouvaient parfaitement dans la manifestation qui avait cours en Europe de l’Est. Ça n’a fait que se corser et encourager les étudiants que nous étions alors, que nous ne nous trompions pas de combat et que nos desiderata étaient partagés dans d’autres coins du monde ; parce que les revendications de la jeunesse à l’époque, que ce soit en Allemagne ou au Bénin, étaient pratiquement les mêmes. Nous avions soif de liberté ».

Alexis était aussi étudiant en 1989. Il se souvient de ce 9 novembre : « Quand j’ai entendu que le Mur de Berlin chutait, je me suis dit que le communisme n’avait plus d’avenir en Afrique. Et les faits m’ont donné raison. Le régime marxiste a compris qu’il fallait faire une transition et organiser une conférence nationale ».

La Conférence sera convoquée en février 1990. Elle débouchera sur l’instauration de la démocratie et du pluralisme dans le pays.
 

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