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Politique

L'Europe, ses décombres, ses murs

Le mur de Ceuta, en 2005.
Le mur de Ceuta, en 2005. AFP

Des murs, ces affreuses cicatrices de l’Histoire, séparent encore les Européens. Murs visibles et invisibles que les peuples font et défont, tous ne sont pas tombés en Europe. Beaucoup de chemin reste encore à parcourir pour faire tomber les murs de l'intolérance.  

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Un Mur aux portes de l’Europe

Aux portes de l'Europe, autour des enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla, au Maroc, les Européens ont bâti des murs pour empêcher les immigrants africains d’y pénétrer et de demander l’asile politique.

Les Africains traversaient le Sahara pour entrer dans l’Union européenne sans avoir à passer de l’autre côté de la Méditerranée, mais les enclaves ont été vite submergées et des murs ont été construits après l’an 2000 avec des financements européens : 8 km de mur autour de Ceuta et 11 km autour de Melilla. Une double barrière métallique de plus de trois mètres de haut avec des barbelés et un système de surveillance électronique. En septembre 2005, des centaines d’immigrants ont pris d’assaut les enclaves de Ceuta et Melilla. En tentant d’escalader les barrières avec des échelles de fortune, plusieurs d’entre eux ont été tués. Depuis des accords de coopération avec le Maroc ont endigué le flux des immigrants qui tentent désormais leur chance sur des barques depuis les côtes libyennes, mauritaniennes ou algériennes.

A Chypre, le Mur fait parti du paysage

A Chypre, un mur fait de la résistance depuis 35 ans. Les barbelés rouillés sont envahis par des herbes folles. L’île aux deux visages, grecque au sud et turque au nord, est encore séparée par une ligne verte gardée par des Casques bleus et une multitude de chats qui y trouvent un abri tranquille pour la sieste.

Depuis l’intervention de l’armée turque, en 1974, après une tentative de putsch des Chypriotes grecs qui voulaient rattacher l’île à la Grèce, les Chypriotes turcs ont trouvé refuge dans la partie nord de l’île, toujours occupée par 40 000 soldats turcs. Le conflit a fait 5 000 morts et dressé un mur entre les deux communautés.

En 2003, l’annonce télévisée de l’ouverture du Mur par les autorités de Chypre du Nord avait été saluée par une explosion de joie. Le lendemain, l’émotion était à son comble quand, de chaque côté de l’île, Grecs et Turcs ont pu revoir leur quartier, leur maison et retrouver leurs voisins. Depuis un an, même la grande rue commerçante de Nicosie, la capitale, la rue Ledra n’est plus barrée par un mur couvert de barbelés. On passe de l’autre côté, à pied, en montrant son passeport. Le problème de la restitution des biens et la question des disparus freinent le processus de réunification. Une génération est née après la séparation et cela rend le processus plus difficile, car les jeunes chypriotes grecs et turcs qui n’ont rien connu d’autre qu’une île coupée en deux, ne sont pas pressés de se réunir.

Des murs dans la tête

Dans le Caucase et les Balkans, les murs de haine et de violence ne sont pas prêts de s’effondrer. Même une fois les conflits terminés, il faut du temps pour effacer les peurs et la douleur.

En Géorgie, après une guerre éclair avec la Russie, en août 2008, deux nouvelles frontières se sont dessinées et des barrières séparent les peuples d’un même pays. Au Kosovo, la ville de Mitrovica reste divisée : Kosovars serbes au nord, Kosovars albanais au sud. Les chars et les barbelés ont été retirés sur le pont de Mitrovica, mais tout le monde ne l’emprunte pas. La traversée n’est pas sans risque. Des criminels de guerre serbes, réfugiés dans la partie nord, représentent un vrai danger pour les musulmans qui tentent de rejoindre leur ancien quartier. Les Albanais de leur côté sont prêts à les arrêter s’ils osent traverser.

D’autres murs invisibles se bâtissent jour après jour entre Grecs et Macédoniens ou encore, entre Wallons et Flamands, en Belgique où la barrière linguistique pourrait, un jour, devenir infranchissable.
 

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