Accéder au contenu principal
Analyse Paul Soriano, entretiens d'Auxerre

Paul Soriano, rédacteur en chef de la revue Médium

Où il nous est rappelé que si l'argent est, avec le sexe, l'une des sources les plus fécondes de créativité linguistique (fric, pognon, galette, oseille, etc.), il ne saurait être question de le confondre avec la monnaie.

Publicité

Pour Paul Soriano, il est impératif de comprendre (ou de ne pas oublier) que « tout événement monétaire est un événement politique ». « L’argent « colonise » (…) les ordres et les corps qui incarnent d’autres valeurs : la politique, les médias, la culture, le sport, la médecine, etc. Pourtant, ce n’est pas l’argent mais bien les argentiers qui impriment au monde de la finance globale sa propension à la démesure. Les résistances au règne de l’argent empruntent des voies diverses, de la réforme à la révolution. Mais faut-il pour autant rejeter un médium dont nous serions bien en peine de faire l’économie ? Mieux vaut s’intéresser, ajoute Paul Soriano… à tout ce qui ruse avec l’argent, joue de ses paradoxes : ce que l’argent fait à la société, il se pourrait bien que la société le lui rende, avec intérêts ».

Rappel passionnant fait par Paul Soriano lors de la 8ème Edition des Entretiens d’Auxerre : la différence entre ce qu’il est convenu d’appeler monnaie et ce qu’il est convenu d’appeler argent. En anglais, pragmatisme régnant, la confusion est totale : il est question de money. En français, le lien qui relie monnaie et argent est plus mystérieux mais aussi fort instructif. Trois rôles sont traditionnellement dévolus à la monnaie : la mesure, l’échange, et la réserve (ou l’accumulation). Mais précisément, avec ce troisième rôle, nous passons du côté de l’argent. D’où la tension entre le bien public et le moyen d’appropriation privé. Et Paul Soriano de saluer l’excellence du titre donné par Michel Aglietta et André Orléan à l’essai qu’ils ont fait paraître chez Odile Jacob en 2002 : La monnaie entre violence et confiance. Violence = l’argent, confiance = la monnaie. L’argent étant « un instrument de mesure qui tend à la démesure ».

Pour apaiser quelques unes de nos craintes, d’aucuns nous promettent entre autres remèdes une monnaie unique. Lecteur attentif de Benjamin J.Cohen (The future of Money / Princeton University Press, 2004), Paul Soriano n’en croit rien. De rappeler au contraire l’existence de monnaies locales qui fonctionnent. Exemple : le Wir, créé en Suisse en 1934, et qui fédère plus de 60 000 entreprises. Quand ce n’est pas toutes ces monnaies privées qui nous sont proposées : miles, tickets restaurant, bons de réduction des super-marchés.

A lire :

L’Argent maître, numéro 16/17 – juillet/décembre 2008.
 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.