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France

Déficits : rappel à l’ordre de Bruxelles

Le ministre français du Budget Eric Woerth : « La France travaille à réduire son déficit.  Et en même temps, sortir de la crise, c’est réduire les déficits publics ».
Le ministre français du Budget Eric Woerth : « La France travaille à réduire son déficit. Et en même temps, sortir de la crise, c’est réduire les déficits publics ». AFP/Thomas Coex

La Commission européenne demande à la France de ramener dès 2013 son déficit budgétaire sous la limite de 3% du produit intérieur brut (PIB). Paris veut obtenir un renvoi en 2014 pour ne pas compromettre la sortie de crise. Bruxelles demande également plus d’efforts à d’autres pays dont les finances publiques sont préoccupantes.

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2013 plutôt que 2014. La Commission européenne demande à la France de ramener son déficit public sous les 3%, soit un an plus tôt que prévu par Paris.  

Visée depuis six mois par une procédure de déficit excessif, la France se retrouve donc dans le collimateur de la Commission. Elle avait accordé au printemps dernier jusqu'en 2012 à la France pour que son déficit repasse sous la barre des 3% du PIB, soit la limite fixée par le Pacte de stabilité qui lie les pays de la zone euro.

Bruxelles donne donc à Paris une année supplémentaire en raison de « la détérioration de la situation économique », expliquent des sources européennes.  

En 2010, le déficit de l'Etat représentera un tiers du budget total de la France. 116 milliards d'euros, un chiffre record qui représente 8,5% du PIB. Pour ne rien arranger, Bruxelles veut par ailleurs prendre en compte le projet de grand emprunt français dans l’évaluation de la situation de déficit du pays. Alors que la France, qui n’y est pas favorable, fait valoir que sa « taille, sa finalité et sa gestion » ne sont pas encore définies.
 
« Sortir de la crise, c’est réduire les déficits publics »
 
La demande de Bruxelles représente un effort de réduction de déficit d’1,5 % du PIB par an. Un rythme jugé intenable par Paris qui craint que cela compromette la sortie de crise comme l’a expliqué le ministre du Budget, Eric Woerth : « La France travaille à réduire son déficit. Et en même temps, on a besoin de croissance. Il ne faut pas se tromper d’objectif. Sortir de la crise, c’est réduire les déficits publics. »

Le Premier ministre François Fillon a affirmé, cette semaine, que la croissance économique serait comprise entre « 1 % et 1,5 % en 2010 ». Soit plus que la prévision de 0,75 % inscrite dans le projet du budget 2010 par le gouvernement.

Bruxelles demande également plus d’efforts à d’autres pays dont les finances publiques sont préoccupantes. L’Espagne, l’Irlande et le Royaume-Uni ont obtenu un délai supplémentaire d’un an en raison de leur situation économique. L’échéance est fixée à 2013 pour l’Espagne, à 2014 pour l’Irlande et à 2015 pour le Royaume-Uni.

Des sanctions pour la Grèce

D’ores et déjà, Berlin qui table sur un déficit de 3,7 % cette année, a dit approuver l’objectif assigné par Bruxelles. « Réduire les déficits entre 2011 et 2013 correspond exactement à nos idées », a déclaré mardi le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. Et pourtant, Outre-Rhin, le nouveau gouvernement  a annoncé, fin octobre, d’importantes baisses d’impôts. Il prévoit au total 24 milliards d’allègements fiscaux par an.

La situation est encore plus problématique pour la Grèce. En présentant l'avant-projet de budget pour 2010, le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, a annoncé jeudi qu'il prévoyait un déficit budgétaire de 9,4 % du PIB en 2010 contre 12,7 % en 2009. La Commission qui a demandé à Athènes de réduire son déficit dès 2010, a décidé d'enclencher la phase suivante de la procédure qui devrait conduire à de possibles sanctions. 

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