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France/Allemagne

Le couple franco-allemand : un mariage de raison

Nicolas Sarkozy (g) et Angela Merkel à Bruxelles, le 30 octobre 2009.
Nicolas Sarkozy (g) et Angela Merkel à Bruxelles, le 30 octobre 2009. Reuters/François Lenoir

Ce mercredi 11 novembre, Angela Merkel est le premier responsable allemand à assister aux célébrations en France de l’armistice de la guerre de 1914-1918. Lundi, le président Nicolas Sarkozy était aux côtés de la chancelière lors du vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin.

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Hasard de l’histoire, le vingtième anniversaire de la chute du Mur a été célébré à deux jours des commémorations françaises de l’armistice, qui marquent la fin de la Première Guerre mondiale.

Une coïncidence de calendrier marquée par un déplacement des deux chefs d’Etat ou de gouvernement dans le pays voisin. Dans un cas, la chute du Mur, il s’agissait de rendre hommage à la fin de la dictature communiste et à la réunification de l’Allemagne. Dans l’autre, commémorer l’armistice et la fin de la guerre 14-18, l’exercice est plus délicat.

Sans témoins

Il aura fallu la mort des derniers « poilus », ces combattants de la Grande guerre, pour rendre possible ce rendez-vous commun. Pas d’hommage aux soldats « morts pour la France » en présence de la chancelière, ni de médaille à remettre. La participation sera réduite au minimum.

Angela Merkel se rendra en compagnie de Nicolas Sarkozy à l’Arc de triomphe pour ranimer à deux mains la flamme du soldat inconnu. Les deux responsables prononceront une courte allocution. Sitôt la cérémonie terminée, Angela Merkel repartira pour l’Allemagne.

Le refus de Schröder

C’est la première fois qu’un chancelier allemand participera en France aux cérémonies du 11 novembre. En 1998, le président Chirac avait convié Gerhard Schröder à assister au 80e anniversaire des commémorations. Mais le futur chancelier social-démocrate avait décliné l’invitation, soucieux notamment d’émanciper son pays de cette image d’éternel coupable.

La photo d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy réunis pour un hommage commun en rappellera bien sûr une autre, quand, en septembre 1984, François Mitterrand et Helmut Kohl s’étaient tenu la main. Mais les deux hommes avaient choisi l’ossuaire de Douaumont à Verdun, dans l’est de la France, haut lieu des horreurs guerrières, lieu d’un cauchemar partagé par les deux camps.

Deux styles, deux politiques

Au-delà des symboles, que représente aujourd’hui le couple franco-allemand ? Le passé a prouvé que sa valeur a largement dépendu de l’entente personnelle entre les dirigeants des deux pays, et la complicité a parfois mis du temps à s’instaurer. Cette fois encore, cela semble être le cas.

Paris proclame que les relations entre le président et la chancelière n’ont jamais été aussi bonnes. Il faut dire que l’on partait de loin. Entre le fringant chef d’Etat Français, un temps incarnation du « bling-bling » tapageur et l’Allemande issue de l’ex-RDA, d’allure modeste et de caractère plus réservé, l’alliance apparaissait contre nature. La capacité du Français à tirer la couverture à soi agaçait Berlin au point que les grincements de dents s’entendaient outre-Rhin.

Deux styles différents. Rigueur budgétaire à Berlin, tandis que Paris laissait se creuser les déficits, il aura fallu la crise financière pour que, peu à peu, les points de vue se rapprochent.

Un couple ou un moteur ?

Chacune des capitales semble désormais attentive à donner des gages. Ainsi, à peine réélue chancelière, Angela Merkel est venue rendre la politesse à Nicolas Sarkozy le temps d’un aller-retour Berlin-Paris comme lui-même l’avait fait en 2007 juste après son élection.

Au-delà des échanges d’amabilités, les deux capitales insistent sur les initiatives communes, qu’il s’agisse de régulation financière, d’environnement, d’institution européenne. Après les mois de défiance, les dirigeants assurent la main sur le cœur que le moteur franco-allemand est à nouveau porteur de projets. Paris fourmille d’idées. Il est question de la création d’un poste de ministre franco-allemand qui siègerait dans l’exécutif des deux pays, ou d’un organe de coordination des politiques industrielles.

La décision pourrait être annoncée en janvier, lors de l’anniversaire du Traité de l’Elysée. Paris communique beaucoup sur la question. Berlin reste plus discrète.

Je t’aime, moi non plus

L’enthousiasme est à géométrie variable. Malgré le regain de vigueur du moteur franco-allemand, il n’est pas sûr pour autant que les deux capitales investissent au même titre. La France affirme se féliciter de voir la nouvelle coalition annoncer des baisses d’impôts, mais la question des déficits publics continue de diviser. Avec une économie en meilleure santé que celle de son voisin, l’Allemagne pourrait être tentée de faire cavalier seul en Europe, voire ne plus tellement compter sur l’UE.

D’où l’importance des symboles, et de leur affichage.
 

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