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Multimédia/Mauritanie

L'état-major de l'armée affirme contrôler l'Adrar

Créé en 2008, le GSI est une unité mobile chargée de quadriller le désert de Ouadane à la frontière malienne pour prévenir toute infiltration terroriste.
Créé en 2008, le GSI est une unité mobile chargée de quadriller le désert de Ouadane à la frontière malienne pour prévenir toute infiltration terroriste. Laura Martel/RFI

La sécurité est assurée en Mauritanie. C’est ce qu’a voulu démontrer l’état-major de l’armée en communiquant pour la première fois sur ses méthodes de lutte anti-terroriste. Une quinzaine de journalistes a pu rencontrer les forces présentes dans l’Adrar, la région la plus touristique du pays, mais aussi un point d’infiltration des terroristes d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), venus du Mali.

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Depuis quatre ans, l’AQMI, ancien Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), a multiplié les attaques en Mauritanie, en particulier dans l’Adrar, au nord-est du pays. Le 5 juin 2005, quinze soldats sont tués dans une embuscade à Lemghayti. Le 24 décembre 2007, quatre Français sont assassinés à Aleg, plus au sud. Trois jours plus tard, une nouvelle attaque éclair coûte la vie à trois soldats à Ghallawya. Malgré ces violences, il faudra un an et l’électrochoc du massacre de Tourine, pour que les autorités adoptent une stratégie spécifique de lutte anti-terroriste. Le 14 septembre 2008, onze soldats et leur guide sont égorgés.

Une unité adaptée à la menace

Pour reprendre le contrôle du désert, le gouvernement crée les GSI, Groupement spécial d’intervention, « des unités mobiles de type sahariennes adaptées à la nature de la menace », selon le commandant Sid Ahmed, en charge du 2ème GSI. Sur leurs pick-up équipés de mitrailleuses lourdes et de lance-roquettes, les soldats quadrillent une zone de 550 km de long sur 220 km de large, entre la ville de Ouadane et la frontière malienne. Un territoire immense qu’il a fallu reconnaître, lors d’une première campagne de cinq mois. «Avant 2008, cette zone était abandonnée, elle n’était pas contrôlée comme il faut », admet le commandant Sid Ahmed. « Avec l’intervention du GSI, toutes les zones d’infiltration ont été reconnues à fond » ajoute-t-il, avant d’affirmer : « Depuis que nous quadrillons la zone, toutes les activités illégales ont connu un freinage complet ».

Freiner tout trafic transfrontalier

Deux couloirs d’infiltration sont particulièrement surveillés : au nord par Ouadane, au sud par El Mreyyé. Le long de ces axes, le GSI traque les terroristes, mais aussi les trafics en tous genres : drogue, armes, carburant et même immigrés clandestins.
La mission est particulièrement difficile. « L’étendue de la zone, son terrain 100% sablonneux, le manque d’eau compliquent la progression et le ravitaillement », souligne le capitaine Brahim, commandant de la 2ème compagnie du 2ème GSI. Les soldats suivent d’ailleurs une formation spécifique d’autonomie et de résistance, pour pouvoir endurer l’extrême rudesse de ces zones désertiques. Les chauffeurs apprennent également à maîtriser la conduite dans les dunes. Le point fort de ces unités, c’est donc avant tout la connaissance du terrain. Pas besoin de GPS pour ces soldats, capables de naviguer à vue.

Une stratégie de proximité avec les nomades

« Le renseignement pose également problème au vu du manque de population dans la zone » souligne le commandant Sid Ahmed. Pour s’assurer que les nomades fournissent des renseignements à l’armée, et non à l’ennemi, un programme de soutien a été mis en place. Le GSI leur facilite l’accès à l’eau, leurs prodigue des soins médicaux et achète leur bétail, ce qui les dispense de longs voyages jusqu’à la ville et leurs garantit un revenu. « Nos capacités de renseignement s’en trouvent accrues » affirme le commandant Sid Hamed.

Pas de risque zéro

Outre le GSI, l’infanterie patrouille dans le désert. A 180 km de Ouadane, le 31ème bataillon est notamment chargé de surveiller un site d’extraction du groupe Total. Le commandant Ould M’Barek fait confiance au dispositif, mais admet-il, « si je vous disais que la sécurité est assurée à 100%, je mentirais », avant de souligner : « Même un pays comme les Etats-Unis ne peut pas dire que sa sécurité est assurée à 100%. Mais je soutiens que personne ne peut venir nous embêter, on est en sécurité je pense ».

En décembre 2007, l’assassinat de quatre Français à Aleg brise net la saison touristique. Le rallye Dakar est annulé, la destination Mauritanie fortement déconseillée. Depuis 2 ans, les voyageurs se font plus que rares, y compris dans l’Adrar, la région la plus fréquentée. « Avant 2007, l’activité touristique connaissait une croissance à deux chiffres » souligne Seydou Sall, gouverneur de l’Adrar, « la rupture a été terrible ».

En effet la saison suivante, la fréquentation sur l’ensemble du pays a chuté de 60%. Pour 2008-2009, seul le nombre d’arrivées par avion en Adrar est connu, mais il montre l’ampleur de la crise : de 10 000 personnes par an en 2007, on est passé à 1075 cette année. Et pour cause, presque tous les vols ont été suspendus. Des villes perdues au milieu du désert comme Chinguitti et Ouadane, inscrites au patrimoine mondial, se sont retrouvées isolées, leur population sans emploi. « Pour survivre, les gens ont pris de petits boulots mais beaucoup ont rejoint les quartiers pauvres de Nouakchott » explique Yslem, cuisinier. L’espoir de ces populations: la possible reprise d’un vol hebdomadaire de Point Afrique vers Atar, le 20 décembre.

Philippe Freund, chargé d’évaluer la situation sécuritaire pour le tour opérateur estime « qu’il n’y a pas plus de danger à se balader dans l’Adrar qu’à Londres ou Madrid ». Il voudrait maintenant que le Quai d’Orsay ne décourage plus les touristes de venir. Point Afrique devrait se prononcer définitivement le 16 novembre. La Direction du tourisme admet que, sans ces vols, une nouvelle année de disette s’annonce pour le secteur.

 

 

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