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Singapour / Finances

Le sommet Asie-Pacifique met en garde contre le protectionnisme

Des chefs d'Etat écoutent Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale au Sommet de l’Apec à Singapour, le 13 novembre 2009.
Des chefs d'Etat écoutent Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale au Sommet de l’Apec à Singapour, le 13 novembre 2009. REUTERS/Michael Fiala

La sortie de crise est au menu des discussions du Forum Asie-Pacifique où sont attendus notamment les présidents américain Barack Obama, russe Dmitri Medvedev et chinois Hu Jintao. La déclaration finale devrait réaffirmer l’importance d’éviter tout retour au protectionnisme afin de ne pas mettre en danger la reprise.

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A Singapour, les préparatifs vont bon train pour accueillir les chefs d’Etat au 20ème sommet annuel du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) qui compte également dans ses rangs les Etats-Unis et la Russie. Créé en 1989, l'Apec est un forum régional destiné à promouvoir le libre-échange et la coopération économique et technologique. La zone Asie-Pacifique est la région économique la plus dynamique au monde, avec ses 21 membres constituant près de 40% de la population mondiale, et représentant plus de la moitié du produit intérieur brut (PIB) mondial et près de 50% des échanges commerciaux internationaux.

Tout le monde s’accorde à dire que les pays asiatiques devraient jouer le rôle de locomotive de la reprise mondiale. La Chine est bien partie pour réaliser l’objectif de 8% de croissance en 2009. Ce redressement est notamment dû à un plan de relance dont 585 milliards de dollars, sous forme d'investissements, aides directes aux entreprises et financement de grands projets d'infrastructure. Autre illustration de la reprise dans cette région : l’Indonésie table sur une croissance cette année de 4,3% et l’Australie sur 1,5%.

Des risques de bulles boursières et immobilières

Si la tendance générale est au retour de la croissance, le pire des risques, selon l’Apec, serait de baisser la garde. Avant la réunion des dirigeants prévue ce week-end, les ministres des Finances de l’Apec se sont ainsi opposés à une fin prématurée des politiques de relance économique « jusqu’à à ce qu’une reprise durable soit assurée ».

Pas question donc de relâcher les efforts de relance alors que la situation est encore instable. « Les risques de surchauffe pointent et sont susceptibles de déclencher de nouvelles bulles boursières et immobilières en Asie », a expliqué Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale. Selon l’agence de notation Standard and Poor’s, les encours des prêts en Chine ont atteint 1 130 milliards de dollars pour les sept premiers mois de 2009, faisant craindre une envolée du montant des créances douteuses.

La menace du protectionnisme

Robert Zoellick a également souligné que la tentation de l’isolationnisme était forte : « S’ils sont confrontés à un chômage à grande échelle, les dirigeants politiques seront sous pression et, malheureusement, tentés de dresser des barrières douanières ». Le chômage mondial qui a atteint un record en 2009 en touchant 241 millions de personnes, pourrait provoquer une montée du protectionnisme dans le monde.

Les présidents russe Dmitri Medvedev et chinois Hu Jintao ont, eux aussi, appelé les pays de l’Apec à lutter contre « un protectionnisme excessif ». Dernier épisode de cette guerre commerciale entre les deux géants : quelques semaines après avoir relevé les droits de douane sur les pneus chinois, les Etats-Unis viennent de confirmer leur intention d’imposer des droits de douane sur les tubes d’acier importés de Chine. Pékin a contre-attaqué en sanctionnant les pièces détachées de voiture. Déjà plusieurs plaintes opposent les deux pays devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Yuan trop faible

Les dirigeants de l’Apec vont également redire leur inquiétude face à la chute continue du dollar, ce qui aggrave la faiblesse du yuan. La devise chinoise est, en effet, une monnaie non convertible dont la valeur est indexée sur le dollar. Ainsi, le won sud-coréen a gagné 8% par rapport au yuan depuis six mois, le yen japonais a grimpé de 6% et le bath thaïlandais de 4%. Une politique monétaire qui menace d’étrangler les exportations de ces pays.

Les dirigeants de l’Apec vont réaffirmer leur souhait que « les taux de change soient guidés par le marché », ce qui n’est pas le cas actuellement du yuan. La Chine pourrait infléchir sa politique monétaire. Il y a quelques jours, la banque centrale chinoise a annoncé qu'elle envisageait un lien entre le yuan et plusieurs grandes devises. Ce changement pourrait être un premier pas vers un assouplissement de la politique actuelle d'arrimage de sa monnaie au dollar américain.

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