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Cinéma

« Rapt » ou l’histoire d’un homme brisé

Diaphana Films

Sortie cette semaine du nouveau film de Lucas Belvaux inspiré de l’enlèvement en 1978 du baron Empain. Rapt, c'est son titre, n’est pas une reconstitution, mais une réflexion sur la barbarie à travers l’itinéraire d’un homme dont la vie connait une fracture irrémédiable. Du baron Empain à Stanislas Graff, la question reste la même : quelle humanité voulons-nous ? 

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 Rapt est le récit d’une césure. Entre un avant et un après qui ne correspondront plus que dans un rapport de stricte opposition. Les premières images du film montrent un homme, Stanislas Graff, grand industriel parisien pris dans le tourbillon de la vie menant au moins quatre vies de front dont deux officielles. Le tout dernier plan du film se termine sur le même homme, à cette nuance près qu’il est seul, quatre fois seul. 

Entre ces deux moments, Stanislas Graff aura été enlevé par des truands réclamant une rançon de 40 millions d’euros. Le calvaire va durer deux mois, la somme ne sera jamais versée mais l’homme d’affaires aura été amputé d’un doigt par ses ravisseurs et rejeté par les siens, famille, proches et collaborateurs qui, découvrant ses vies cachées, jetées en pâture par une presse prompte à juger et salir, font le choix de l’abandonner, de lui retirer qui sa confiance qui son pouvoir qui son estime qui son amour. Une révélation qui rendra sa libération aussi pénible que sa captivité, si ce n’est plus. Pour autant, le film est tout sauf manichéen, soulevant davantage de questions qu'il n'apporte de réponses. Même la morale de l'histoire reste à écrire par le spectateur. 

Si derrière Stanislas Graff (joué par Yvan Attal), on reconnait évidemment le baron Empain, Rapt ne se veut absolument pas une reconstitution. Transposé à notre époque, ce fait divers sordide est le prétexte à une réflexion autour de quelques-uns des thèmes chers à Lucas Belvaux, l’humanité, la dignité et la barbarie qui trouvent aujourd’hui un retentissement, une pertinence intacte. Rencontre (dans un hôtel parisien, à l'heure du déjeuner) avec un cinéaste engagé qui, en dépit de ses convictions dont ses films se font l’écho, n’hésite pas « changer de bord » quand il s’agit de la dignité d’un homme.
 

C'est un film d'hiver. C'était important, il a eu froid, lui. Un film, ça peut être une épreuve par moments.

Entretien avec le réalisateur Lucas Belvaux

Rapt donnera-t-il lieu à une suite ? Autrement dit au procès des ravisseurs, comme ce fut le cas dans l'affaire Empain. C’est en tout cas le vœu d’Yvan Attal. Lucas Belvaux se dit séduit par l’idée et touché par le désir de son acteur principal, mais pas encore convaincu du bien fondé d’un tel projet. Comme si, à la manière de Stanislas Graff à la toute fin du film quand il se retrouve seul, il avait déjà dépassé cette histoire-là.

 

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