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Littérature

Albert Camus au Panthéon : une récupération ?

Le Prix Nobel de littérature Albert Camus, photographie de 1959.
Le Prix Nobel de littérature Albert Camus, photographie de 1959. AFP

Le transfert suggéré par le président Nicolas Sarkozy des restes de l’écrivain français au Panthéon à l’occasion du cinquantenaire de la mort de l’auteur de La Peste et de L’Etranger soulève la polémique.

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L’auteur de L’Homme révolté sous les voûtes de la crypte qui abrite les Zola, Hugo, Voltaire ou encore Malraux… Cette suggestion émane de l’Elysée qui souhaite transférer les restes d’Albert Camus (1913-1960) au Panthéon début 2010 dans le cadre de la commémoration du cinquantième anniversaire de la mort du philosophe et écrivain. « Ce serait un symbole extraordinaire », a lancé Nicolas Sarkozy, jeudi 19 novembre, à Bruxelles. « Un choix particulièrement pertinent », a même précisé le chef de l’Etat avant d’ajouter qu’il avait pris des contacts avec la famille de l’écrivain, décédé dans un accident de voiture le 4 janvier 1960. Il ne s’agit en effet pour l’heure que d’une suggestion. Sans l’assentiment des deux enfants d’Albert Camus, les restes de l’auteur de La Peste ne quitteront pas le cimetière de Lourmarin, dans le Vaucluse.

 Si le temps presse pour éventuellement organiser pareil transfert d’ici janvier prochain, il n’aura pas fallu plus de 24 heures pour que cette annonce suscite une polémique sur la « récupération » par le Président de la République du Prix Nobel de littérature (1957) qui, s’il est aujourd’hui considéré comme un auteur consensuel, fut dans les années 1950 un intellectuel engagé. Ce vendredi, le président du Modem, François Bayrou a reproché au gouvernement de « trop manipuler les symboles » tandis que le Front National, pour sa part, a dénoncé « un choix électoraliste ».

Débat sur l’identité nationale ou pas, élections régionales ou pas… Même le biographe d’Albert Camus, Olivier Todd s’est insurgé contre une telle suggestion qui cache mal, selon lui, une manœuvre pour récupérer les intellectuels français : « Camus n’est ni exemplaire ni édifiant. Il permet de réfléchir. Qu’on le lise au lieu de débiter des généralités sans comprendre son parcours. J’aime sa réponse dans une de ses toutes dernières interviews. On lui demandait : ‘M.Camus, appartenez-vous encore à la gauche ?’, ‘Oui, malgré elle et malgré moi ». D’actualité, non ? », peut-on lire dans le quotidien Le Monde daté de ce samedi. Et Olivier Todd d’ajouter : « Le voir comme une icône désincarnée n’est pas lui rendre hommage. Il faut le garder vivant dans sa complexité et ses contradictions ». Le dernier mot revient désormais aux membres de la famille de l’auteur de L’Etranger.

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