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Energie/environnement

Stocker du CO2, est-ce risqué ?

La technologie de capture et stockage est destinées aux émissions massives de CO2 que peuvent produire les centrales thermiques.
La technologie de capture et stockage est destinées aux émissions massives de CO2 que peuvent produire les centrales thermiques. Reuters/Ayesha Rascoe

La technique de captage et stockage du CO2 est une des solutions pour réduire la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Le Giec l'a confirmé. Mais qu’en est-il des risques ? Enterrer des millions de tonnes de dioxyde de carbone entre 1 000 et 5 000 mètres sous terre, est-ce dangereux pour l’homme et la nature ?

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Pour l’association écologiste Greenpeace, « rien ne permet de garantir une conception et une gestion adéquates de ces lieux de stockage en fonction de l’échelle de temps requise. »

A l’inverse, pour Laurent Jammes, il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Spécialiste du carbone à Schlumberger (société qui développe des services et des technolgies pour les compagnies pétrolières), il affirme : « Je suis confiant dans cette technologie. On dispose d’un large porte-folio de techniques de surveillance. Selon les caractéristiques du lieu de stockage, il faut choisir la solution la plus adéquate. »

Catastrophe naturelle

Une chose est sûre. A forte concentration, le CO2 est un gaz nocif voire mortel. La catastrophe naturelle qui s’est produite en 1986 au lac Nyos au Cameroun, l'a tristement rappelé lorsqu'un kilomètre cube de CO2 s’est brusquement échappé de l'eau, provoquant la mort de quelque 1700 personnes.

« Mais cette catastrophe, s’empresse de préciser Laurent Jammes, s’est produite dans des circonstances particulières. Il s’agissait d’un volume énorme de CO2 à très forte concentration qui s’est constituée de manière naturelle au fond du lac. Le gaz est remonté en surface, dans une vallée étroite, et n’a donc pas pu se disperser dans l’atmosphère. Normalement, le CO2 se disperse très rapidement dans l’air et sa concentration est très en dessous des seuils critiques dès que l'on se place à quelques dizaines de centimètres du sol. » En effet, dans le cadre du stockage géologique du CO2, les données sont tout autres.

Réactions chimiques

Evolution du CO2 en sous-sol

Piegé dans la roche, le CO2 évolue. « Il ne reste pas, explique Laurent Jammes, à l’état supercritique, état dans lequel il est normalement injecté où il a la mobilité d'un gaz et la viscosité d'un liquide. » Sur une échelle de plusieurs centaines à milliers d’années, il se transforme en réagissant avec la roche et les fluides.

Stocké dans un aquifère salin, comme le recommandent les études scientifiques, le CO2 a d’abord tendance à migrer vers le haut puisqu’il est plus léger que l’eau. Il se fait alors piéger par la couche de couverture. Par ailleurs, il se dissout dans l’eau qui, devenue plus lourde, a tendance à descendre vers le bas de la couche réservoir de la roche. Cette dissolution s'accompagne d'une légère acidification dont les effets doivent être contrôlés. Finalement se déclenchent, sur le long terme, des phénomènes geochimiques dits de précipitation : le CO2 se minéralise sous forme de carbonates.

« Ces différents mécanismes vont faire que le stockage de CO2 va devenir de plus en plus en sûr avec le temps », conclut Andreas Ehinger, géophysicien à l’Institut français de pétrole.

Techniques sismiques

Néanmoins, au cours de cette très longue évolution, il est indispensable de mettre en place des procédures de surveillance pour éviter toute fuite. « Il faut effectuer des mesures sismiques régulières pour savoir comment le CO2 se répartit dans la roche, précise Andreas Ehinger. Pour cela, il existe des méthodes de monitoring que les compagnies pétrolières maîtrisent parfaitement. »

Cette dimension de surveillance prend donc une place importante dans le dispositif de captage et stockage mais n’est pas coûteuse. « Cela représentera sans doute entre dix centimes et un euro par tonne de CO2 stockée, suivant les sites », indique Laurent Jammes.

Jusqu’à présent, dans les quatre sites industriels de captage et de stockage qui fonctionnent depuis une dizaine d'années dans le monde, aucun problème grave n’a été signalé. 

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