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Cambodge / Justice

Procès Duch : dernières audiences avant le verdict

Kaing Guek Eav, alias Duch, lors de son avant-procès à Phnom Penh le 5 décembre 2008.
Kaing Guek Eav, alias Duch, lors de son avant-procès à Phnom Penh le 5 décembre 2008. Reuters

C'est la dernière ligne droite du procès de Duch. Trente ans après les crimes atroces des Khmers rouges, l'un des tortionnaires du régime devra faire face au procureur et à son réquisitoire. Après 72 jours d'audiences, les avocats de la défense et des parties civiles prendront aussi cette semaine la parole.

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Méticuleusement, le tribunal chargé de juger les anciens Khmers rouges a mis au jour les preuves les plus accablantes contre Duch. Celui qui a dirigé la prison de Tuol Sleng où 15 000 personnes furent torturées avant d'être exécutés. Des cinq cadres du régime totalitaire aujourd'hui détenus, Duch est le premier à être jugé et le seul à avoir collaborer avec la justice.

AFP / Tang Chhin Sothy

Cet ancien professeur de mathématiques, âgé de 67 ans, a reconnu avoir dirigé Tuaol Sleng, cette usine à torture, aussi connu sous le nom de S-21. Mais il a nié un quelconque rôle politique dans la hiérarchie khmère rouge. Alors que dans ce premier procès, le verdict n'est pas attendu avant le premier trimestre 2010, la semaine qui s'ouvre est considérée comme très importante pour les victimes et tout le peuple cambodgien. 

Les audiences sont retransmises à la télévision et la cour a indiqué que des milliers de personnes avaient demandé un accès à la salle d'audience où une vitre pare-balles sépare le public des acteurs du procès. C'est dans cette salle, que défense et accusation disséquent les aveux de l'accusé. Duch risque la perpétuité, la peine maximale retenue par le tribunal.

Avec notre correspondante à Phnom Penh, Anne-Laure Porée

Les familles des victimes n’ont qu’un mot à la bouche, la perpétuité. Pour elles, c’est la seule sanction possible. Leurs avocats ont cinq heures, ce lundi, pour convaincre les juges que Duch n’était pas un simple exécutant. Antonia Tioulong, dont la sœur a été tuée à S-21, est venue de Paris pour assister à cette étape décisive du procès.

Antonia Tioulong : Je ne veux pas argumenter sur les critères juridiques. Je pense que l’auteur de 17 000 crimes mérite au moins la perpétuité. Si on ne le condamne pas à la prison à vie, il me semble qu’on ne reconnaîtrait pas la gravité et l’assassinat, le meurtre de ces 17 000 personnes.

Ce sera aussi pour les procureurs l’heure de faire leurs preuves, selon Chum Sirath qui a perdu plusieures membres de sa famille à S-21.

Chum Sirath : « Moi, je pense que la stratégie des avocats de Duch est claire. Duch est responsable, il a déjà reconnu sa responsabilité. Il demande pardon, mais il n’est pas l’exécuteur avec ses propres mains de toutes ces basses œuvres. J’espère que les procureurs vont démontrer le contraire ».

Après la semaine de plaidoirie, les juges devront déterminer de quel crime l’accusé est coupable.
 

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