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Cambodge / Justice internationale

Les avocats des victimes de Duch ont la parole

Lors des plaidoiries de la défense, Duch consulte ses notes, à Phnom Penh le 23 novembre 2009.
Lors des plaidoiries de la défense, Duch consulte ses notes, à Phnom Penh le 23 novembre 2009. REUTERS/ECCC/Handout

Trente ans après les crimes commis sous le régime sanglant de Pol Pot, au Cambodge, on entre cette semaine dans la phase finale du procès des Khmers rouges. Pour Duch, l'ancien gardien du sinistre camp S-21, c'est l'heure d'entendre le réquisitoire du procureur. Mais d'abord Duch a dû écouter les plaidoiries des avocats des victimes qui balaient ses aveux, jugés incomplets et falsificateurs.

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Avec notre correspondante à Phnom Penh, Anne-Laure Porée

L’ambiance était tendue au tribunal de Phnom-Penh. Tous les plaignants contre Duch sont venus manifester par leur présence leur volonté de justice. Ils demandent unanimement une condamnation à perpétuité. Mais ils ont peur du poids de la défense dans cette dernière phase du procès.

AFP / Tang Chhin Sothy

La défense argumente, en effet, que l’accusé a accepté sa responsabilité dans la plupart des crimes qui lui sont reprochés et qu’il a collaboré avec le tribunal. Quatre groupes d’avocats se sont succédés ce lundi pour faire reconnaître le statut de victime de leur client, soit en tant que détenu de S-21, soit en tant que proche des disparus.

Ces avocats ont aussi articulé leur plaidoirie autour des mensonges de Duch autour de l’orchestration de son remords.Pour eux, il ne participe pas à la manifestation de la vérité.

Pendant une pause, Shum Mey, l’un des trois rescapés incontestés de S-21, déclarait : « Duch passe de la parole, aux rires, aux pleurs… Duch est un dangereux manipulateur ». Les parties civiles se sentaient un peu soulagées en fin de journée.

Mardi, les procureurs prennent le relais, mais l’épreuve n’est pas terminée. Mercredi, ce sera la défense.

 

 

Avec notre correspondante à Phnom Penh, Anne-Laure Porée

Les familles des victimes n’ont qu’un mot à la bouche, la perpétuité. Pour elles, c’est la seule sanction possible. Leurs avocats ont cinq heures, ce lundi, pour convaincre les juges que Duch n’était pas un simple exécutant. Antonia Tioulong, dont la sœur a été tuée à S-21, est venue de Paris pour assister à cette étape décisive du procès.

Antonia Tioulong : Je ne veux pas argumenter sur les critères juridiques. Je pense que l’auteur de 17 000 crimes mérite au moins la perpétuité. Si on ne le condamne pas à la prison à vie, il me semble qu’on ne reconnaîtrait pas la gravité et l’assassinat, le meurtre de ces 17 000 personnes.

Ce sera aussi pour les procureurs l’heure de faire leurs preuves, selon Chum Sirath qui a perdu plusieures membres de sa famille à S-21.

Chum Sirath : « Moi, je pense que la stratégie des avocats de Duch est claire. Duch est responsable, il a déjà reconnu sa responsabilité. Il demande pardon, mais il n’est pas l’exécuteur avec ses propres mains de toutes ces basses œuvres. J’espère que les procureurs vont démontrer le contraire ».

Après la semaine de plaidoirie, les juges devront déterminer de quel crime l’accusé est coupable.
 

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