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Philippines

Massacre à Mindanao

La police collecte les indices sur la scène de crime.
La police collecte les indices sur la scène de crime. REUTERS/Erik de Castro

Au moins quarante-six personnes ont été assassinées sur l’île de Mindanao. Elles faisaient partie d’un convoi qui accompagnait l'équipe de campagne d'un homme politique local, Esmael Mangudadatu. Son équipe de campagne allait déposer sa candidature pour le poste de gouverneur de la province de Maguindanao quand elle a été interceptée par des hommes armés.

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Avec notre correspondant à Manille, Sébastien Farcis

Le massacre de ce lundi porte un nom aux Philippines : un rido. Les ridos sont des affrontements entre des familles musulmanes de Mindanao. A l'origine de ces conflits il peut y avoir des raisons d’honneur, des litiges pour des terres, ou encore, et c'est le cas ici, des rivalités politiques. Les deux clans en question s’affrontent pour l’élection au poste stratégique de gouverneur de la province de Maguindanao, à l’ouest de Mindanao.

Depuis 2001, c’est le clan des Ampatuan qui détient pratiquement tous les postes de la province, jusqu’aux mairies. Et lors de toutes les élections précédentes, personne n’osait s’opposer à eux, de peur d’être tué. C’est pourtant ce que le clan des Mangudadatu a l’intention de faire, et c’est ce qui a déclenché cette guerre, comme l’explique Marites Vitufg, rédactrice en chef du magazine Newsbreak, et spécialste de la question. « C’est un massacre comme nous n’en avons jamais vu. Des personnes extérieures au clan ont été assassinées, des journalistes, aussi. Cela viole les règles du rido, et cela montre le désespoir du clan Ampatuan. Car le gouverneur actuel ne peut plus se représenter, et aucun membre de sa famille ne semble capable de le remplacer. Nous nous attendons à une vengeance de la part de l’autre clan. Et cela peut devenir une guerre difficile à stopper jusqu’aux élections

Le ministre de l’Intérieur a assuré que l’enquête sera impartiale. Mais cela sera délicat à gérer, car le clan Ampatuan est justement le plus fidèle allié de la présidente actuelle dans la région et un appui essentiel pour les élections nationales de mai prochain.

La déclaration de l'état d'urgence traduit l'état de choc qui saisit les Philippins à mesure que les enquêteurs reconstituent les circonstances de la tuerie et que le bilan s'alourdit. La piste des rivalités politiques traditionnelles dans le sud de l'archipel est désormais clairement privilégiée par les enquêteurs. Selon les commentaires, c'est la proximité des élections générales de mai 2010 qui exacerbe les antagonismes régionaux. Sauf que, cette fois, la violence ordinaire aux Philippines, réputées pour ses tensions politiques, a dérapé dans des proportions délirantes.

Selon les autorités, les tueurs sont liés au clan du gouverneur de la province, Andal Ampatuan qui soutient le pouvoir sortant de la présidente Arroyo. Inversement, les victimes visées étaient des proches de son rival Esmael Mangundadatu.

Face à la gravité des faits et à l'émotion qu'ils soulèvent, le ministre de l'Intérieur a assuré que l'enquête serait impartiale. D'ores et déjà, le patron de la police locale a été limogé et placé en détention après la découverte de l'implication de plusieurs de ses collaborateurs.

Il faut aussi savoir que c'est certainement le plus grand massacre de journalistes de l'histoire de la presse ; au moins 12 confrères, membres du convoi, ont été également froidement abattus

 

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