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Cambodge/Justice internationale

L'accusation réclame 40 ans de prison contre Duch

Douch se décrit en « rouage d'une machine ».
Douch se décrit en « rouage d'une machine ». Reuters / Mark Pitters

Le procureur international du tribunal de Phnom Penh a proclamé mardi son réquisitoire dans le procès de Duch, ancien tortionnaire khmer rouge, chef de la prison S21 sous le régime de Pol Pot.Il a réclamé une peine de 40 ans de détention. Après les réquisitoires, Duch a pris la parole avant les plaidoiries de ses avocats.

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Avec notre envoyée spéciale au tribunal de Phnom Penh, Anne-Laure Porée

Duch était sobre, sérieux. Chemise bleue, pantalon gris, lunettes sur le nez, le parfait profil du professeur. Un profil auquel il nous a habitués depuis le début de son procès. Invincible, il a sorti ses notes et est resté le nez collé dessus pour une lecture d’une heure et vingt-cinq minutes sans interruption, plutôt fastidieuse, d’ailleurs en salle d’audience le public s’endormait.

Duch a pris la parole après le réquisitoire. Pour sa défense, il n’a pas fait de déclaration ou de révélation fracassante. Le texte qu’il lisait s’adressait aux juges. Il est resté sur la ligne qu’il a toujours tenue.

Il a redit qu’il était un rouage dans la machine, qu’il avait voulu se mettre au service du peuple et s’était retrouvé au service d’une organisation criminelle. Il a listé les éléments qu’il a fournis au tribunal qui justifient de sa collaboration en espérant obtenir l’indulgence de la cour. Il a réitéré ses regrets et demandé que la porte du pardon reste ouverte. C’était peut-être sa dernière intervention publique.

40 ans de prison, réaction au Cambodge

La partie civile est sortie effondrée, car pour elle la peine de perpétuité et la peine de 40 ans n’est pas la même chose. Mais dans l’ensemble, les plaignants sont très satisfaits. Le procureur William Smith a bien expliqué pourquoi il demandait 40 ans.

D'une part, l'ancien Khmer rouge est détenu depuis 1999. Ses droits ont été violés car il n’a pas été jugé dans le délai légal. D'autre part, il a reconnu sa responsabilité, a collaboré en partie avec le tribunal et a exprimé des remords.

Ce choix fait remonter l’accusation dans l’estime des familles des victimes. Il faut rappeler que Duch a 67 ans, alors 40 ans ou la perpétuité, pour les plaignants cela ne fait pas une si grande différence.

Au-delà du réquisitoire, le moment choc de la journée aura été, pour les familles des victimes, la plaidoirie de l’avocat cambodgien de Duch. Il a demandé l’acquittement de son client.

L’avocat a argumenté en disant que Duch, pour lui, n’est ni un dirigeant, ni un haut responsable khmer rouge. Par conséquent, le tribunal n’est pas compétent pour le juger. Il considère que Duch a obéit aux ordres et qu’il n’avait pas le choix et se réfère au droit cambodgien pour dire que ceux qui obéissent aux ordres, ne doivent pas être poursuivis. Enfin, il insiste sur le fait que Duch n’a pas tué de ses mains propres.

Il a déjà avancé tous ces arguments pendant le procès mais, en demandant l'acquittement, il met en difficulté le deuxième avocat de Duch, le Français François Roux, dont on attend demain une plaidoirie à priori sur le crime d’obéissance.
 

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