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Namibie

Un centre de recherche dans le plus vieux désert du monde

Nicolas Champeaux

Le Namib est un ruban qui s’étend sur mille cinq cents kilomètres le long de la façade Est de l’océan atlantique. La station de recherche de Gobabeb se situe juste en dessous du tropique du Capricorne. Depuis cinq décennies, les trois écosystèmes de Gobabeb -les dunes sculptées par le vent, les rivières éphémères et les plaines rocailleuses- accueillent des scientifiques venus du monde entier.

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De notre envoyé spécial dans le désert du Namib

Le soleil s’est couché derrière la mer de dunes et David Gustavson s’apprête à relâcher une araignée dite « Camel » dans le désert. Il lui a accroché un minuscule émetteur sur le dos. Ce jeune Suédois étudie les stratégies de navigation nocturne de cette araignée endémique au Namib. La dernière fois, il l’a suivie sur trois kilomètres jusqu’à six heures du matin. Mais il semble adorer ça : « C’est extraordinaire d’observer les façons dont les organismes s’adaptent aux conditions extrêmes », explique-t-il.

A Gobabeb, il y a trente ans, une chercheuse a relevé que les matins brumeux, une coccinelle endémique au Namib prenait une position penchée vers l’avant. La suite de l’histoire s'écrit avec Michael Matengo, qui veille sur les onze capteurs d’humidité de la brume de Gobabeb et qui observe que : « Les longues pattes de la coccinelle présentent des stries comme de la tôle ondulée, lesquelles recueillent l’eau de la brume et l’aident à ruisseler jusqu’à la bouche de l'insecte. Mary Seeley étudiait cette coccinelle, dit-il, quand elle a fait cette découverte qui a donné naissance aux projets de capteurs de brume ».

Des capteurs de brume pour le peuple Topnaar

Les scientifiques de la station de Gobabeb étudient la diversité et l'originalité des adaptations des êtres vivants à un milieu désertique qui comporte de forts contrastes climatiques.
Les scientifiques de la station de Gobabeb étudient la diversité et l'originalité des adaptations des êtres vivants à un milieu désertique qui comporte de forts contrastes climatiques. MnHn/ Cnrs

La centre de recherche de Gobabeb, dont Joh Henschel est le directeur, enregistre des phénomènes climatiques inquiétants. Ce dernier souhaite envoyer un SOS au monde entier : « Les données que nous transmettons aux autres centres témoignent de phénomènes qui se déroulent dans un environnement totalement préservé, non perturbé. Par conséquent, ces données sont une référence qui peut être utile au monde. Les records que nous avons accumulés en quelques années seulement indiquent bien que quelque chose est en train de se passer. Donc je pense que la société doit vraiment se préparer à affronter ces phénomènes climatiques extrêmes. On doit cesser de se dire à chaque fois que l’on n'a pas eu de chance ».

Pour l'heure, le centre Gobabeb montre l’exemple : des panneaux solaires sont juchés sur le moindre toit du site. Michael espère distribuer bientôt les capteurs de brume ainsi que des fours solaires au peuple Topnaar, qui habite le désert. La station météorologique de Gobabeb encourage également les compagnies minières à prendre des mesures pour ménager et surtout restaurer les fragiles écosystèmes du Namib.

Nicolas Champeaux/ RFI

 

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