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Finance / Golfe

La défaillance de Dubaï inquiète les investisseurs du monde entier

Le quartier des affaires de Dubaï
Le quartier des affaires de Dubaï AFP PHOTO/KARIM SAHIB

Les bourses ont plongé pour la deuxième journée consécutive, ce vendredi, alarmées par le défaut de paiement du plus grand conglomérat de Dubaï. Une nouvelle qui sème le doute sur la solidité financière de l’émirat.

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Les valeurs boursières ont chuté de près de 5% à Hong Kong et à Séoul, c’est leur plus forte baisse depuis le début de l’année. Hier, déjà, les indices européens avaient accusé le coup : le CAC 40, le Footsie et le Dax perdaient 3%. Les valeurs des banques étaient en particulier malmenées, mais aussi celles des entreprises du bâtiment et des travaux publics. Deux secteurs majeurs de l’économie dubaïte.

C’est l’annonce, mercredi, d’une demande de moratoire sur la dette de Dubaï World, la plus grande entreprise publique de l’émirat, qui a ému les investisseurs. La filiale immobilière du conglomérat, Nakheel, ne pourra pas honorer son échéance de 3,4 milliards de dollars, le 14 décembre prochain. Les autorités de Dubaï ont demandé un délai de six mois aux créanciers sur l’ensemble de la dette de Dubaï World, qui se monte à 59 milliards de dollars, soit les trois quarts de la dette totale de la cité-Etat, les trois quarts aussi de son PIB!

 Bulle immobilière

Cette défaillance a d’autant plus surpris les marchés que la confiance semblait revenir à Dubaï, depuis l’été dernier. Après la mauvaise passe financière qui avait tari le crédit à l’automne dernier, le trafic aérien avait repris, avec une croissance à deux chiffres, les hôtels faisaient à nouveau le plein et l’hémorragie attendue des expatriés (80% de la population) n’avait pas eu lieu.

Mais l’éclatement de la bulle immobilière semble avoir durablement atteint l’émirat. Dubaï, qui se vantait de porter un sixième des grues du monde entier, paie une spéculation effrénée dans ce secteur : les prix du logement avaient quadruplé entre 2002 et 2004, avant de chuter de moitié depuis l’automne dernier. Dubaï paie aussi sa folie des grandeurs, en dix ans de croissance à deux chiffres, incarnée par la tour Dubaï World, haute de 800 mètres ; le projet Palm Island, trois îles artificielles en forme de palmier, dont une seule a vu le jour au large de la cité-Etat; des parcs d’attraction prévus pour 15 millions de visiteurs par an, qui n’en reçoivent aujourd’hui que 5 millions ; ou le plus grand terminal aérien du monde, plus important que ceux de Chicago et de Londres-Heathrow réunis !

Contractés grâce à un gros endettement, ces investissements pariaient sur un effet de levier excessif par rapport aux fonds propres des entreprises dubaïtes, qui peinent, aujourd’hui, à payer leurs fournisseurs dans le bâtiment. Or Dubaï ne dispose pas de pétrole, contrairement à son puissant voisin de la Fédération des Emirats arabes unis, Abu Dhabi, et son développement repose uniquement sur les services : négoce, transports, tourisme et immobilier.

Effet domino

L’inquiétude est d’autant plus forte que Dubaï a aussi un énorme portefeuille d’actifs à l’étranger. Outre les investissements immobiliers pharaoniques, dans le quartier de Trafalgar Square à Londres, à New York, à Las Vegas, ou sur le front de mer de Cape Town, en Afrique du Sud, l’émirat a de nombreux projets dans le Maghreb – c’est le premier investisseur en Tunisie -, il est actionnaire de plusieurs grosses sociétés en Asie (Sony), aux Etats-Unis, en Russie (un des principaux électriciens), et en Europe (le constructeur aéronautique EADS).

Dans l’autre sens, les banques étrangères se font aussi des soucis, au premier rang desquelles trois banques britanniques qui ont le plus investi dans Dubaï World : HSBC, à hauteur de 11,3 milliards d’euros, Standard Chartered (5 milliards) et Barclays (2,3 milliards) mais les banques japonaises sont aussi très exposées.

L’effritement de la confiance à Dubaï s’est traduit par le déclassement immédiat des six groupes les plus importants de Dubaï, par les agences de notation Moody’s et Standard and Poor’s. Il a aussi fait bondir le coût de l’assurance contre les risques de défaut de paiement (Credit default swap) de Dubaï, mais aussi des pays du Golfe, des pays asiatiques, et des « PIGS », ces pays de la zone euro dits fragiles, parce qu’en recherche constante de financements sur les marchés : Portugal, Irlande, Grèce, Espagne.
 

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