Accéder au contenu principal
France

La vente d'Areva T & D est vivement contestée

Le PDG de Schneider Electric Jean-Paul Tricoire lors d'une conférence de presse conjointe avec Areva à Paris, le 2 décembre 2009.
Le PDG de Schneider Electric Jean-Paul Tricoire lors d'une conférence de presse conjointe avec Areva à Paris, le 2 décembre 2009. REUTERS/Charles Platiau

Areva T & D, la filiale transmission et distribution du géant nucléaire, restera dans le giron français. Mais ce choix de l'Elysée en faveur du tandem Alstom-Schneider fait grincer des dents. C'est le cas de l'Américain General Electric et du Japonais Toshiba qui étaient aussi sur les rangs pour cette offre. Ce dernier a même menacé de déposer un recours au Conseil d'Etat pour contester l'appel d'offres.

Publicité

L'Etat, actionnaire à 93% d'Areva, a privilégié l'offre française d'Alstom-Schneider. Une décision qui ne satisfait pas les deux concurrents du tandem tricolore. Et des deux candidats malheureux que sont l'Américain General Electric et le Japonais Toshiba, le second est de loin le plus virulent puisqu'il envisage de présenter un recours devant le Conseil d'Etat.

Le groupe japonais, qui a présenté l'offre la plus généreuse, 4,5 milliards d'euros contre 4,09 pour Alstom-Schneider, estime en effet avoir été floué. Il dénonce notamment la procédure de vente, qui, selon lui, pose des problèmes de légalité, dans la mesure où l'Etat a autorisé le tandem français à revoir son offre une fois qu'elle a été déposée, alors que la procédure l'interdisait.

Toshiba, comme General Electric qui s'est déclaré « déçu », reprochent ouvertement à l'Etat français une discrimination basée sur la nationalité. En clair, d'avoir, favorisé des groupes français au détriment de leurs concurrents étrangers.

Conséquences sociales redoutées

La décision de l'Elysée est également très critiquée par les syndicats, mais aussi par les dirigeants d’Areva T et D. Ils dénoncent en effet une offre qui prévoit de couper en deux leur société, un projet qui, à leurs yeux, n'est pas viable.

Selon le schéma retenu, Alstom doit en effet reprendre la branche transmission de la filiale d'Areva, tandis que Schneider Electric doit intégrer le pôle distribution. Pour les syndicats, cette restructuration aura forcement des conséquences sociales même si les deux repreneurs français se sont engagés à ne fermer aucun site et à ne pas mettre en place de plan de départs collectifs au cours des trois prochaines années.

Pour le comité de groupe européen d'Areva, qui représente une partie des salariés du groupe, l'option retenue va faire de Schneider Electric un géant du secteur (l'entreprise va doubler de taille) qui pourrait se trouver en position dominante sur son secteur d'activité. Ce comité envisage donc un recours devant les autorités de la concurrence à Bruxelles.

Moody’s s’en mêle 

Par ailleurs, ce choix d'Alstom-Schneider n'a pas vraiment porté chance aux deux groupes français en termes d'image. L'agence Moody's a en effet décidé de dégrader les perspectives de notation financière des deux entreprises. Moody's estime en effet qu'en ces temps de crise, les deux groupes, qui n'envisagent pas pour le moment d'augmentation de capital pour l'acquisition d'Areva T et D, risquent de voir leur marge de manœuvre considérablement réduite. L'agence estime notamment que le rachat de cette filiale risque de rendre Alstom « vulnérable ». L'agence Fitch s'est également inquiétée d'une telle acquisition pour Schneider Electric qui en déboursant près d'un milliard et demi d'euros va voir considérablement augmenter sa dette.

Un choix politique ?

Ces critiques pourtant ne semblent pas inquiéter le gouvernement français qui défend son choix. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a estimé que la proposition d'Alstom-Schneider était la meilleure solution. Selon elle, « c'est un heureux hasard que l'offre retenue soit française ».
On ne peut toutefois s'empêcher de voir derrière ce choix une volonté de l'Elysée de garder dans le giron français des entreprises jugées stratégiques. En visite mardi 1er décembre dans le Var, Nicolas Sarkozy a en effet rappelé que le maintien d'une industrie en France était l'une de ses priorités.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.