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Honduras

Quel avenir pour Manuel Zelaya ?

Le président déchu du Honduras Manuel Zelaya  à l'ambassade du Brésil, le 3 décembre 2009.
Le président déchu du Honduras Manuel Zelaya à l'ambassade du Brésil, le 3 décembre 2009. AFP/Andres Conteris

Le sort du président déchu du Honduras Manuel Zelaya est plus incertain que jamais après le vote du Congrès, qui a rejeté mardi 1er décembre son retour au pouvoir. Cette décision prolonge l’impasse politique du Honduras. C’était la dernière chance pour Manuel Zelaya, qui vit toujours cloîtré à l’ambassade du Brésil, de retrouver son poste. 

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Le résultat du vote sur un possible retour au pouvoir de Manuel Zelaya est sans appel : 111 voix contre, 14 pour. A l’issue de huit heures de discussion à sens unique, le Congrès du Honduras a donc choisi de confirmer sa décision du 28 juin 2008. Les parlementaires avaient alors voté précipitamment la destitution a posteriori du président de la République. Quelques heures plus tôt, Manuel Zelaya avait été cueilli au saut du lit par des militaires en armes et emmené, encore en pyjama, dans un avion à destination de l’étranger.

Plan américain de sortie de crise

Le vote du Congrès était le point central d’un plan de sortie de crise concocté il y a un mois par les Etats-Unis et accepté au départ, aussi bien par Manuel Zelaya que par le président issu du coup d’Etat, Roberto Micheletti. Le principe était de permettre un retour au pouvoir du président déchu, avec des pouvoirs considérablement réduits et pour une durée limitée, jusqu’au terme de son mandat le 27 janvier 2010. Mais cet accord est très rapidement devenu caduc : le gouvernement d’union nationale promis n’a jamais vu le jour et le Congrès a traîné les pieds pour se réunir.

Entretemps, les élections générales, programmées bien avant le coup d’Etat du 28 juin, ont eu lieu, comme prévu, le 29 novembre. Elles se sont soldées par une très large victoire de Porfirio «Pepe» Lobo, le candidat du Parti national (61%), contre Elvin Santos, du Parti libéral. Cette dernière formation, d’où est issu Manuel Zelaya, a été victime de ses divisions internes après le putsch.

Micheletti grand vainqueur

Roberto Micheletti va donc continuer à assurer l’interim à la tête de l’Etat jusqu’à l’investiture de «Pepe» Lobo, le 27 janvier 2010. Le vote du Congrès rejetant un retour de Manuel Zelaya «est un message clair des Honduriens, qui ne veulent pas d’un retour au passé» s’est félicité le président issu du coup d’Etat, qui apparaît aujourd’hui comme le grand vainqueur de la crise.

Porfirio Lobo s’est engagé à «respecter la décision du Congrès», même si elle risque de prolonger un peu plus l’isolement du pays. On voit mal, en effet, les bailleurs de fonds du Honduras, l’une des nations les plus pauvres du continent américain, reprendre leur aide, suspendue au lendemain du coup d’Etat, tant que Roberto Micheletti est aux commandes. Même les rares pays, Etats-Unis en tête, qui ont reconnu les élections du 29 novembre, ne devraient pas normaliser leurs relations avec Tegucigalpa avant la prise de fonction des nouvelles autorités l’année prochaine.

Le dernier espoir de Zelaya

Manuel Zelaya, quant à lui, a désormais perdu tout espoir de retrouver le fauteuil présidentiel. Malgré le soutien unanime dont il a bénéficié dans le monde entier au lendemain de son renversement, il n’a pas réussi à faire fléchir ses tombeurs. L’électrochoc provoqué par son spectaculaire retour clandestin à Tegucigalpa, le 21 septembre, n’a pas été suffisant pour le remettre dans le jeu. Sous le coup d’un mandat d’arrêt pour trahison et atteinte à la sûreté de l’Etat, il vit depuis confiné dans l’ambassade du Brésil. Son appel au boycott des élections a été peu suivi.

Le vote du Congrès était la dernière chance pour Manuel Zelaya de revenir au palais présidentiel. Les parlementaires ont non seulement rejeté cette possibilité, mais ils ont également confirmé les charges qui pèsent contre lui. Il est accusé d’avoir voulu se maintenir au pouvoir en organisant une consultation sur un changement de constitution, alors qu’elle avait été jugée illégale par la Cour suprême. Ce sont ces événements qui ont précipité le coup d’Etat du 28 juin.

Exil ou amnistie ?

L’avenir s’annonce donc particulièrement sombre pour le président déchu. «Sa vie politique est terminée», estime Miguel Angel Basténier, éditorialiste au quotidien espagnol El Pais, qui prédit que Manuel Zelaya va bientôt reprendre le chemin de l’exil, en Espagne ou au Brésil. Le président élu Porfirio Lobo esquive les questions sur ce qu’il fera pour son prédécesseur. «Zelaya, c’est du passé», a-t-il déclaré au lendemain de sa victoire. Il n’est cependant pas exclu que le futur chef de l’Etat, qui a promis de réconcilier les Honduriens, accorde une forme d’amnistie ou de pardon à Manuel Zelaya après sa prise de fonction.

 

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