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Bolivie / Election présidentielle

Morales réélu dans un fauteuil

Le président bolivien Evo Morales salue la foule avec le vice-président Alvaro Garcia (à droite), le 6 décembre 2009.
Le président bolivien Evo Morales salue la foule avec le vice-président Alvaro Garcia (à droite), le 6 décembre 2009. Reuters/David Mercado

En Bolivie, les sondages à la sortie des urnes donnent Evo Morales largement vainqueur. Le président sortant obtiendrait entre 60 et 63% des voix. Son principal adversaire, le candidat de la droite libérale Manfred Reyes Villa, n'aurait récolté que 21 à 23%.

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De notre correspondant à La Paz, Reza Nourmamode

« Nous avons semé des graines durant quatre ans et maintenant nous allons en récolter les fruits », assure, ému, Rolando. En compagnie de milliers de partisans comblés d’Evo Morales, il est venu fêter sur la place Murillo la large victoire du président socialiste. Après quelques heures d’attente, ce dernier apparaît au balcon de son palais présidentiel et est acclamé par la foule : « le fait d’obtenir plus des deux tiers des députés et des sénateurs nous oblige, lance le leader indigène, à accélérer ce processus de changement en cours ».

Si les premiers résultats se confirment, le parti MAS (le Mouvement vers le Socialisme) raflerait en effet une majorité suffisante au Parlement pour pouvoir modifier la Constitution.

De plus, une petite phrase lâchée par Morales après qu'il eut mis son bulletin dans l'urne a laissé planer le doute sur ses intentions politiques à moyen terme. Le leader socialiste a souligné que le second mandat qui s’annonce à lui pouvait être considéré comme un premier mandat.

Les partisans de'Evo Morales fêtent sa ré-élection dans la ville de La Paz en Bolivie.
Les partisans de'Evo Morales fêtent sa ré-élection dans la ville de La Paz en Bolivie. Reuters/David Mercado

La nouvelle Constitution, adoptée en février dernier, autorise en effet deux mandats présidentiels consécutifs, mais Evo Morales s’était engagé l’an passé à n’en accomplir qu’un seul pour sortir d’une grave crise politique qui l’opposait à la droite.
De quoi alimenter les craintes de la droite qui a appelé durant la campagne électorale à faire barrage au « projet totalitaire » du pouvoir en place.

Arrivé loin derrière le président sortant, le champion de la droite Manfred Reyes Villa n’a reconnu que du bout des lèvres sa défaite et a promis de creuser « une tranchée pour l’équilibre de la démocratie ».

À nouveau légitimé par les urnes, le premier président indigène de l’histoire du pays a pour sa part promis de « travailler à nouveau pour le peuple » et a dédié sa victoire aux « gouvernements anti-impérialistes » du monde entier.

Reza Nourmamode/RFI

Agriculteur, Rodolfo a voté pour Morales à El Alto, ville de migrants ruraux acquise au MAS : « Evo, c’est comme un père pour nous, explique-t-il des sanglots dans la voix. Personne n’avait autant fait pour nous, les gens de la campagne ».

Dans une banlieue riche de La Paz, Evelyn a quant à elle choisi le candidat de la droite : « Nous autres les blancs sommes discriminés, argumente-t-elle. J’ai voté pour Manfred, c’est un homme de bien, même s’ils lui font plein de problèmes. Le Seigneur jugera s’il est bon ou mauvais, mais j’ai voté pour lui ».

Grand vainqueur du scrutin au niveau national, Evo Morales n’aurait pas réussi à renverser la vapeur dans les quatre régions du pays - sur neuf - traditionnellement à droite. Ce qui a conduit Reyes Villa à assurer que la « polarisation du pays » n’avait « pas disparu ».

Reza Nourmamode/RFI

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