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Sommet de Copenhague/Chine

Les objectifs de Pékin sur le climat jugés insuffisants

Dans la zone industrielle du Shizuishan, au nord de la Chine.
Dans la zone industrielle du Shizuishan, au nord de la Chine. Reuters/Jason Lee

La Chine doit s'assigner des objectifs plus ambitieux si elle veut diviser par deux le volume par habitant de ses émissions de gaz à effet de serre, souligne un rapport publié mardi à Pékin. Elle ne pourra y parvenir sans aide.

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La Chine a bien verrouillé sa position avant l'ouverture du sommet de Copenhague. C’était l'objectif du premier ministre Wen Jiabao, quand il a annoncé très récemment une diminution de l'intensité énergétique de la Chine de 40 à 45 %.

Cela signifie une croissance un peu moins gourmande en énergie, mais certainement pas une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour l’instant, la Chine ne veut s'imposer aucune contrainte. Elle ne veut pas d'objectifs chiffrés, et encore moins se fixer une date pour commencer à réduire ses émissions de C02.

Pour Pan Jiahua, membre de l’Académie des sciences, arrivé aujourd'hui à Copenhague avec la délégation Chinoise, il est impensable que la Chine aille au-delà des chiffres annoncés le mois dernier par le Premier ministre chinois.

« Ce n'est pas possible. C'est déjà un engagement très important pour la Chine. Au sommet de l'ONU sur le changement climatique, le président Hu Jintao n'avait pas donné de chiffre. Il avait simplement annoncé que des mesures seraient prises visant à faire baisser les émissions chinoises. Ce chiffre de 40 % est déjà très élevé. Nous pensons que la Chine commencera à réduire ses émissions vers 2035. Si on organise des partenariats techniques avec les nations développées, la Chine pourra peut-être commencer à réduire ses émissions dès 2030, sinon peut-être en 2040, mais de toute façon ce ne sera pas annoncé à Copenhague ».

Pour Pan Jiahua, la solution passe par un partenariat avec les pays riches. La presse officielle chinoise a de nouveau lancé un appel hier aux Occidentaux, à l'occasion de l'ouverture du sommet. Elle leur demande d'aider financièrement les pays en développement à lutter contre les effets du réchauffement climatique.

En d'autres termes, Pékin propose une sorte de marché aux pays développés. Si nous voulons parvenir à un consensus sur la réduction des émissions, il faut assurer l'équité entre pays riches et pays pauvres, et fournir une assistance à ces pays, explique la presse Chinoise.

Le charbon reste encore la principale source d'énergie

La Chine qui pourtant figure parmi les deux ou trois premières puissances mondiales, n'oublie pas de rappeler qu'elle fait toujours partie de ces pays en développement. Elle réclame également un geste des Occidentaux, sous forme principalement de transferts de technologies.

En attendant, la Chine va continuer de polluer pendant longtemps. Le charbon va rester de très loin la principale source d'énergie en Chine, et cela n'est pas près de changer reconnaît Pan Jiahua.

« L'utilisation d'une énergie bon marché est la condition indispensable pour la Chine pour développer rapidement son économie. On est en train d'étudier l'énergie solaire, mais on a encore besoin de beaucoup de temps. Les réserves de charbon sont encore très riches en Chine. Il y a en a assez pour les cent ans à venir. On dit que le charbon est une énergie sale. Mais d'un autre côté, on a besoin maintenant de cette énergie. On doit faire des recherches pour utiliser le charbon de façon plus écologique, mais on ne peut pas éviter de l'utiliser. C'est possible aussi que la Chine augmente sa production de charbon dans les années à venir. Mais je pense que la proportion du charbon va commencer à baisser par rapport aux autres sources d'énergie ».
 

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