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Déficits

Les finances publiques européennes dans le rouge

Le drapeau européen aux côtés de ceux des pays membres.
Le drapeau européen aux côtés de ceux des pays membres.

Avec la crise et les plans de relance, les dettes publiques des Etats dérapent. Après le Portugal et la Grèce, c’est au tour de l’Espagne de se retrouver dans une situation critique. Les agences de notation ont revu à la baisse les notes de ces pays, accroissant la pression des marchés financiers sur la zone euro.

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C’est la Grèce qui a reçu le plus fort coup de massue des agences de notation. L’évolution de la dette publique de chaque pays est, en effet, surveillée par les grandes agences mondiales de notation. Leur rôle : attribuer une note censée représenter le niveau de risque que l’on prend si on décide de prêter de l’argent à ces pays. Après Standard & Poor’s, l’agence Fitch vient de mettre en garde les investisseurs contre la dérive des comptes publics grecs en abaissant la note d’Athènes. Une annonce douloureuse dans un pays où la dette publique représente 113% du PIB, soit bien plus que le plafond de 60% fixé par les règles de Maastricht. Selon le vice-ministre des Finances Philippos Sahinidis, la dette de la Grèce se monte à « 300 milliards d’euros ».

Le cas de la Grèce n’est pas isolé. Les agences de notation ont également revu à la baisse les notes de plusieurs pays d’Europe du Sud, désignés péjorativement comme les pays du « Club Med ».Tout comme la Grèce, la possibilité de voir l’Italie, le Portugal et l’Espagne se retrouver dans l’incapacité de rembourser leurs emprunts, est jugée élevée. La dégradation des finances publiques européennes a déclenché un vent de panique sur les marchés, obligeant Bruxelles à monter au créneau.

Les pays du « Club Med »

L’exécutif européen presse les pays du « Club Med » d’agir rapidement pour éviter un phénomène de contagion de la méfiance des investisseurs pour l’euro. Le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquim Almunia a exhorté le gouvernement grec à prendre « des mesures supplémentaires » pour réduire son déficit et parlé d’une « source de préoccupation » pour toute la zone euro.

La Commission européenne qui a demandé à Athènes de réduire son déficit dès 2010, a décidé d'enclencher la phase suivante de la procédure qui devrait conduire à de possibles sanctions. Le nouveau gouvernement socialiste grec a annoncé des réformes pour diminuer les dépenses publiques et augmenter les impôts. Il a promis notamment une refonte globale du système fiscal grec pour lutter contre la fraude et taxer davantage les grandes fortunes. Le cas de l’Espagne est, lui aussi, jugé inquiétant parce que, contrairement à la majorité des pays européens, le pays n’est toujours pas sortie de la récession. Le chômage frappe 4,5 millions de personnes, soit près de 20 % de la population active.

Une crise de défiance vis-à-vis de l’euro

C’est la première fois que l’Union européenne se retrouve dans une telle situation. En théorie, le traité de Maastricht exclut toute forme d’assistance à un Etat de la zone euro en situation de banqueroute. Dans la réalité, on voit mal comment les pays de la zone euro et la Banque centrale européenne (BCE), pourraient laisser tomber un pays défaillant sous peine de provoquer une grave crise de défiance vis-à-vis de l’euro.

« Une situation difficile dans un pays membre de la zone euro est une source de préoccupation pour la zone euro dans son ensemble », a reconnu le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia. Le pacte de solidarité entre les Etats membres de l’UE impliquerait, en effet, des efforts communs pour sauver un Etat en faillite dans la zone euro. Selon bon nombre d’experts, cette aide pourrait se faire sous forme d’intervention de la Banque européenne d’investissement (BEI), d’une aide financière de l’ensemble des pays européens, ou encore de crédits bilatéraux. Reste à savoir si des pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, réputés pour leur orthodoxie budgétaire accepteront de régler la note pour des Etats défaillants.
 

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