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Etats-Unis

Les détenus de Guantanamo délocalisés en Illinois

Le pénitencier de Thomson, dans l'Illinois, pourrait accueillir quelques-uns des plus dangereux prisonniers de Guantanamo.
Le pénitencier de Thomson, dans l'Illinois, pourrait accueillir quelques-uns des plus dangereux prisonniers de Guantanamo. REUTERS / Stephanie Makosky

Barack Obama, le président américain a ordonné ce 15 décembre 2009 au gouvernement fédéral, l’acquisition d’une prison située dans l’Illinois, dans le but de transférer des détenus du camp de Guantanamo. Thomson Correctional Center est donc désigné pour accueillir un nombre limité de détenus de Guantanamo. Mais cette acquisition ne règle pas le sort des détenus dont le chiffre global s’élève à 210 prisonniers. 

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La fermeture de la prison militaire américaine de Guantanamo, située sur l’île de Cuba était l’une des promesses de Barack Obama durant sa campagne électorale. Pour le candidat démocrate, ce centre de détention était une illustration des dérives de l’administration de George Bush dans sa lutte contre le terrorisme. Dès son arrivée à la Maison Blanche, le 44e président des Etats-Unis avait assuré que Guantanamo fermerait définitivement ses portes en janvier 2010. Mais très rapidement, le locataire de la Maison Blanche a dû reconnaître que ce délai, pour des raisons juridiques serait impossible à tenir.

Dans des entretiens à plusieurs chaînes de télévision américaines, le 19 novembre dernier, Barack Obama a souligné qu’il n’était pas « déçu, je savais que cela serait difficile. C'est difficile, pas seulement à cause de la politique, je comprends que les gens aient peur après toutes ces années où on leur a expliqué que Guantanamo était indispensable pour que les terroristes soient hors du pays. Mais c'est aussi difficile sur un plan technique. L'une des choses que l'on a su très tôt, c'est qu’à Guantanamo il y a un groupe de détenus qui peuvent être jugés, et ils le seront. Il y a un groupe de détenus qui peuvent être expulsés et envoyés dans d'autres pays, et ils le seront aussi. Mais il y a aussi un groupe de détenus qui sont dangereux pour les Etats-Unis, mais malheureusement, les preuves que l'on a contre eux ne sont pas recevables, et on savait depuis le début qu'il serait difficile de décider de ce que l'on allait en faire. »

Des prisonniers dangereux pour les Etats-Unis qui ne peuvent pas être jugés

La prison de Guantanamo accueille aujourd’hui un peu plus de 200 détenus. Selon les autorités américaines, quatre-vingt-dix d’entre eux pourraient être prochainement libérés et renvoyés vers leur pays d’origine. D’autres reconnus coupables, seront jugés devant des tribunaux civils aux Etats-Unis. C’est le cas de Khalid Cheikh Mohamed présenté comme le responsable opérationnel des attentats de septembre 2001 aux Etats-Unis. Il doit être jugé avec quatre de ses complices par un tribunal de New York. Les avocats des familles des quelque 3 000 victimes des attentats contre les tours jumelles du World Trade Center ont dénoncé cette décision estimant qu’elle offrait une véritable tribune aux terroristes.

De son côté, le ministre de la Justice Eric Holder, a estimé que ce tribunal « était capable de juger équitablement les prévenus ». Il a également assuré, que les accusés ne bénéficieraient d’aucune clémence et qu’il comptait sur l’accusation pour réclamer la peine de mort contre ces membres présumés du réseau al-Qaïda.

Le casse tête juridique pour le gouvernement américain concerne donc la troisième catégorie de prisonniers. Des détenus qui ne peuvent pas être jugés, faute de preuves suffisantes mais dont les Etats-Unis considèrent que leur libération entraînerait un risque pour la sécurité nationale. Ce sont eux dont le nombre reste encore flou, qui pourraient être détenus dans la prison de Thomson.

Ce n’est qu’après avoir réglé ces questions tout autant juridiques que politiques, que Barack Obama pourra tenir sa promesse de fermer Guantanamo. Un centre de détention qui, pour l’avocat de l’un des détenus récemment renvoyé vers la France restera comme « l’une des principales souillures dans l’histoire des Etats-Unis ».

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