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Chine / Japon

Le vice-président chinois rencontre l'empereur à Tokyo

Le vice-président chinois Xi Jinping (à droite) en compagnie de l'empereur japonais Akihito, le 15 décembre 2009.
Le vice-président chinois Xi Jinping (à droite) en compagnie de l'empereur japonais Akihito, le 15 décembre 2009. REUTERS/Imperial Household Agency of Japan

Le vice-président chinois Xi Jinping considéré comme le successeur du président Hu Jintao est reçu, cette semaine, à Tokyo avec une chaleur inhabituelle par le nouveau gouvernement japonais de centre-gauche de Yukio Hatoyama qui a décidé de privilégier ses relations avec le grand voisin chinois. Ce 15 décembre 2009, le vice-président chinois a bénéficié d’un autre traitement de faveur en étant reçu par l’empereur Akihito malgré une demande tardive.

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Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

Le vice-président chinois Xi Jinping présenté comme le probable successeur de Hu Jintao à la tête de l’Etat chinois a partir de 2012 a été reçu par l’empereur Akihito, aujourd’hui, une semaine seulement après en avoir fait la demande. L’Agence impériale exige un délai minimum d’un mois.

Dans un premier temps elle avait rejeté la demande du vice-président chinois. Le premier ministre Yukio Hatoyama a dû intervenir auprès du palais pour qu’il change d’avis. Les services de Xi Jinping, le vice-président chinois, avaient expliqué à leurs homologues japonais que le succès de sa visite au Japon dépendait de son entrevue avec l’empereur Akihito.

Un traitement inhabituel

Yukio Hatoyama met les petits plats dans les grands avec son hôte chinois. Il ne s’était pas montré aussi prévenant envers Barack Obama venu un peu plus tôt à Tokyo.

L’opposition accuse le Premier ministre de se prosterner devant la Chine. D’être prêt à toutes les bassesses, pour mieux lui plaire comme au temps des délégations japonaises en Chine, il y a cinq ou six siècles, lorsque les représentants de l’empereur du Japon ou du shogun allaient se courber devant le «fils du Ciel» chinois.

La presse japonaise s’émeut aujourd’hui que des drapeaux chinois côtoient, à l’occasion de la visite du vice-président chinois, les couleurs japonaises sur la façade des bâtiments officiels. Un tel honneur est réservé habituellement à un Premier ministre ou chef de l’Etat chinois.

La courbette face à l’empereur du Japon

On se souvient que la courbette du président américain avait suscité des vagues aux Etats-Unis. Le vice-président chinois n’est pas aussi grand que Barack Obama. Il ne doit donc pas s’incliner aussi bas que Barack Obama pour tendre la main à un empereur du Japon de petite taille.

La courbette d’Obama avait donné l’impression dans les milieux ultraconservateurs américains qu’il se soumettait à l’empereur du Japon. On voit mal le vice-président chinois s’incliner aussi bas alors que la Chine estime toujours que le Japon ne s’est toujours pas suffisamment excuse pour les crimes commis par son armée impériale durant la Seconde guerre mondiale.

Quel avenir pour sa relation avec la Chine et les Etats-Unis ?

Ce traitement de faveur réservé au vice-président chinois Xi Jinping montre que même le plus fidèle allié des Etats-Unis en Asie prend ses distances avec l’administration de Barack Obama.

Le Japon ne pense plus son alliance avec Washington qu’en termes bilatéraux. Il réalise aujourd’hui que cette alliance est en réalité triangulaire. La Chine a toujours été à l’horizon de son alliance avec les Etats-Unis. Le Japon comprend qu’il doit approfondir ses liens avec la Chine au moment ou les Etats-Unis entendent coopérer davantage avec elle.

 

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