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Italie

L’agression de Berlusconi ébranle tout le pays

La sécurité a été renforcée devant l'hôpital San Raffaele à Milan, le 16 décembre 2009.
La sécurité a été renforcée devant l'hôpital San Raffaele à Milan, le 16 décembre 2009. Reuters/Paolo Bona

L’agression contre Silvio Berlusconi ébranle la classe politique italienne. Opposants, journalistes et internautes sont dans le collimateur du gouvernement qui doit annoncer jeudi des mesures pour lutter contre l’incitation à la violence.

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Deux dents cassées, une fracture du nez, la lèvre supérieure éclatée et un repos contraint d’une quinzaine de jours. Voilà pour les conséquences directes de l’agression dont a été victime, dimanche, à Milan, le président du Conseil italien mais ce bilan est loin d’être exhaustif. La commission d’enquête parle d’un acte isolé qui n'est lié à aucune volonté politique et même d’un pur hasard. Il y avait, en effet, tellement de gardes du corps autour du président du Conseil italien que jamais la réplique miniature en résine de la cathédrale de Milan n’aurait dû l’atteindre. Malgré tout, la polémique enfle en Italie. L'agresseur, Massimo Tartiglia, 42 ans, immédiatement arrêté et incarcéré, est soigné depuis dix ans pour des troubles mentaux. Il faut donc trouver d’autres responsables.

La presse de gauche et les juges dans le collimateur

Silvio Berlusconi, depuis son lit d’hôpital, a adressé un message à ses partisans : « soyez tranquille et sereins, l’amour l’emporte toujours sur l’envie et la haine ». Mais en attendant, les coups vol bas. Des députés de gauche demandent au président du Conseil d’arrêter de se faire passer pour une victime. Le député européen Antonio Di Pietro, principal adversaire politique de Berlusconi, ancien magistrat et ministre dans le gouvernement de Romano Prodi, accuse le président du Conseil de semer la haine contre les institutions et d’inciter à la violence par son comportement désinvolte. Fabrizia Cicchitto, le chef du groupe PDL, le parti de Berlusconi, dénonce une vaste campagne de haine menée par la presse de gauche, certains journalistes et certains magistrats. Ils seraient responsables, au moins moralement, de l’agression. Depuis qu’au printemps dernier, les révélations sur la vie privée du président du Conseil, qui s’affichait avec des jeunes filles à peine majeures, l’ont poussé à se défendre en s’attaquant à l’opposition, à la presse et même aux institutions, le climat s’est envenimé entre partisans et opposants à Berlusconi. Le président italien Giorgio Napolitano tente de calmer le jeu : « il est temps, dit-il, de mettre fin à ce dangereux climat politique sans chercher à savoir qui a commencé ».

Coupable internet

Le parquet de Rome a ouvert une enquête pour incitation à la délinquance sur deux groupes créés sur le site d’échanges Facebook : l’un s'intitulait « Dix, cent, mille Massimo Tartiglia », du nom de l'agresseur de Berlusconi, et l’autre « A mort Berlusconi ». Ces groupes ont déjà disparu du site mais de nouveaux ont fait leur apparition sous le nom de « Massimo Tartiglia ». Sur le forum, les participants réclament cette fois la liberté d’expression. La justice italienne avait déjà ouvert fin octobre une enquête après plusieurs appels à tuer Silvio Berlusconi sur internet. L’auteur du lancer de statuette est devenue une vedette sur internet et les sites « mort à Berlusconi » ou « il faut tuer Di Pietro » risquent bien de continuer à fleurir sur le net malgré les mesures que le ministre de l'Intérieur italien Roberto Maroni a l’intention d’annoncer ce jeudi : « nous envisageons des initiatives législatives pour procéder à la fermeture de ces sites qui diffusent des messages de véritable incitation à la délinquance, avec les effets que nous avons tous vus », a-t-il déclaré. L’intention affichée du gouvernement de mettre en place des contre-mesures en guettant sur internet d'éventuelles initiatives de contestation inquiète les Italiens et pas seulement ceux qui se promènent sur la toile.

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